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Asthme et allergies

Asthme et allergies

Dernière mise à jour de la fiche :  10/05/2020 à 16h

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Introduction

Les sociétés savantes sont unanimes sur l’importance de ne pas arrêter le traitement de fond contre l’asthme (idem BPCO) sans avis de leur pneumologue ou médecin traitant. L’asthme lorsqu’il est bien contrôlé ne semble pas être un facteur de gravité ou un facteur de risque de déclencher une forme plus sévère d’infection au COVID-19. Néanmoins, les personnes atteintes d’asthme sévère ou mal contrôlé, malgré un traitement optimal, sont à risque de développer des complications. 

La majorité des exacerbations d’asthme sont dues à des infections virales. Ceci pourrait être expliqué par le rôle potentiel de l’inflammation T2 dans le diminution des capacités de défense anti-virale de l’épithélium bronchique. Ainsi, le COVID-19 pourrait être un facteur déclencheur d’exacerbations (nous ne disposons pas de données précises à ce sujet). 


Traitement de fond

Le traitement de fond repose sur les corticoïdes inhalés qui permettent de contrôler l’inflammation bronchique et de diminuer les exacerbations d’asthme. L’arrêt d’un tel traitement est donc à risque de déstabiliser le contrôle de la maladie. Les corticoïdes inhalés n’exposent pas à un risque d’infection virale respiratoire plus sévère en général et d’infection par le SARS-CoV-2 sur les données disponibles. Les biothérapies commercialisées (omalizumab, mepolizumab, benralizumab) et en ATU (dupilumab) doivent être maintenues, en gardant le rythme des injections prescrit. Celles prescrites dans l’asthme ne sont pas immunosuppressives. 

De même, en cas d’allergie respiratoire, les antihistaminiques doivent être continués.  


Des signes d’un asthme moins bien contrôlé comme le recours plus régulier aux bronchodilatateurs, les réveils nocturnes de par la dyspnée doivent alerter. Dans ce cas, il est important de (télé)consulter son pneumologue ou son médecin traitant. En cas de mauvais contrôle de l’asthme, le traitement doit être adapté. Ainsi, en dehors d’une exacerbation, il n’y a pas de raison de différer le début d’une biothérapie si elle  est  indiquée.  

 

Infection par le COVID-19

Les patients atteints d’asthme ou d’allergies respiratoires doivent veiller à évaluer la nature de leurs symptômes : ces derniers sont-ils différents de ceux ressentis habituellement ? En cas de toux inhabituelle, de gêne respiratoire et de fièvre il est, en période d’épidémie COVID-19, indispensable de prendre avis auprès de son médecin avant de débuter un traitement de cortisone par voie orale.

  • Une personne asthmatique qui présente les symptômes du COVID-19 (cf. fiche symptôme) doit joindre son pneumologue ou médecin traitant pour avis. Dans l’attente de la consultation, le patient doit prendre son bronchodilatateur jusqu’à 10 bouffées à renouveler éventuellement au bout de 20 minutes (et chez l’enfant 1/2 bouffée / kg à renouveler au bout de 20 min). Si l’aggravation se poursuit, il faut contacter le 15. 

En cas d’exacerbation

En cas de crise ou d’exacerbation d’asthme, il faut soulager les symptômes grâce aux bronchodilatateurs inhalés. Si la crise est plus importante, il faut renouveler plusieurs fois les bouffées (jusqu’à 10 bouffées à renouveler éventuellement au bout de 20 minutes) et appeler le 15 en cas d’aggravation.


En cas d’exacerbation grave, le retard à l’initiation de la corticothérapie systémique est délétère. En cas d’exacerbation d’asthme fébrile, même avec suspicion d’infection par COVID-19, il ne faut pas retarder l’administration des corticoïdes systémiques à la posologie habituelle (0.5 à 1 mg/kg), notamment de pas attendre un résultat de test diagnostique RT-PCR. La durée de traitement habituelle (5 jours) doit être maintenue même si l’infection par COVID-19 est confirmée. 

L’utilisation des nébulisations à domicile, chez un patient suspect ou confirmé, doit être limitée au maximum car elle favorise la dissémination du virus. L’utilisation d’une chambre d’inhalation est à prioriser.

 

Au total : 

  • ne pas arrêter le traitement de fond
  • s’assurer que l’asthme est bien contrôlé. Si ce n’est pas le cas, contacter son pneumologue ou médecin traitant
  • en cas d’exacerbation, avoir recours aux bronchodilatateurs inhalés (jusqu’à 10 bouffées éventuellement renouveler au bout de 20 minutes) 
  • en cas d’exacerbation fébrile, ne pas retarder l’introduction d’une corticothérapie systémique avec posologie et durée habituelles de traitement, quel que soit le statut sérologique COVID-19.