Prévalence et caractéristiques des symptômes gastro-intestinaux chez les patients infectés par le SARS COV 2 aux États-Unis : Une étude multicentrique

Lien : https://www.gastrojournal.org/article/S0016-5085(20)30564-3/pdf

Date de parution20 avril 2020 

Équipe : Harvard medical school, Division of Gastroenterology, Hepatology and Endoscopy. Brigham and Women’s Hospital

JournalGastroenterology

Peer-Reviewed : Oui

Type : Article

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique sur 9 hôpitaux du Massachusetts incluant 318 patients adultes atteints du COVID-19, dont le diagnostic a été confirmé par RT-PCR. 

61,3% des patients inclus dans cette étude ont présenté des signes gastro-intestinaux, les plus fréquents étant l’anorexie (34,5%), des diarrhées (33,7%), ou nausées (26,4%). Chez ces patients, le taux d’asthénie, de myalgie, d’anosmie, d’agueusie et de maux de gorges est plus élevé chez les patients présentant des manifestations gastro-intestinales du COVID-19. 

Il est intéressant de noter que chez 20,3% des patients les signes gastro-intestinaux étaient la principale manifestation handicapante de l’infection et que chez 14,2% des patients il s’agissait des premiers signes cliniques de manifestation de l’infection au COVID-19. 

L’anosmie et l’agueusie semble être un signe prédictif indépendant de nausée ou d’anorexie.

Les patients inclus présentaient souvent des comorbidités comme l’obésité ou un haut risque cardio-vasculaire. Cependant, la prévalence de ces facteurs de risque était similaire chez ceux présentant ou non des signes gastro-intestinaux. 

Par ailleurs, les auteurs n’ont pas noté de différence significative de marqueurs biologiques (leucocytes, plaquettes, hémoglobine, marqueurs cardiaques, enzymes hépatiques et facteurs de coagulation) entre les patients présentant ou non des signes gastro-intestinaux. 

Les auteurs n’ont pas constaté de sur-risque de dégradation de l’état général chez les patient présentant des manifestations gastro-intestinales. 

Il semble que les signes cliniques gastro-intestinaux soient plus fréquemment décrits aux Etats-Unis qu’en Chine, certainement dû aux modes de vie différents entre les populations. Il est à noter que l’étude n’a pas concerné les patients en ambulatoire, mais seulement ceux hospitalisés.

Corrélation entre le groupe ABO et la susceptibilité au COVID-19

Lien : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.03.11.20031096v2

Date de parution27 mars 2020 

Équipe : School of Medicine, The Southern University of Science and Technology, Shenzhen, People’s Republic of China

JournalMedRxiv

Peer-Reviewed : Non

Type : Article

La susceptibilité de certaines infections virales pour certains groupes sanguins a déjà été prouvé par le passé (dans l’hépatite B par exemple) et il a déjà été montré que les personnes du groupe O ont moins de chance d’être infecté par les SARS coronavirus.

L’étude utilise les données de patients, testés positifs au COVID-19 par RT-PCR, issus de trois hôpitaux chinois situé à Wuhan et Shenzhen. 

Les résultats montrent une surreprésentation du groupe A dans deux des trois hôpitaux comparé à la population contrôle ainsi qu’une sous représentation du groupe O dans les trois hôpitaux comparé à la population générale sur place.

Ces résultats coïncident avec d’autres données sur les précédents coronavirus.
Une surreprésentation du groupe AB est observée dans le troisième hôpital mais la puissance statistique est trop faible pour conclure. 

Au vu des Odd ratios de la méta analyse effectué sur les données des trois hôpitaux, il semblerait qu’une personne du groupe A aurait 21% de chance en plus d’être infecté (intervalle de confiance [1.02,1.43]) et une personne du groupe O aurait 33% de chance en moins d’être infecté [0.60,0.75]. 

De précédentes études sur le SARS-CoV suggèrent que les anticorps anti-A diminueraient l’adhésion du virus au récepteur ACE2. Les auteurs font l’hypothèse d’un mécanisme similaire pour le SARS CoV 2, les deux virus ayant la même structure protéique et le même mécanisme de liaison pour leur récepteur à l’ACE2. 

Les auteurs rappellent que leurs travaux ne sont pas suffisants pour constituer de nouvelles recommandations mais ces observations méritent des recherches plus approfondies. 

En effet, les facteurs de risque connus pour le Covid-19 (diabète, maladie vasculaire… ) n’ont pas été pris en compte par faute d’absence de données. 

L’intérêt clinique serait donc de porter une attention particulière aux patients de groupe A lors de leur prise en charge à l’hôpital, et si ces données venaient à être confirmées d’envisager un test de groupage sanguin dans les protocoles de prise en charge des patients Covid.

Inhibiteur du système rénine-angiotensine dans la pandémie à COVID-19

Lien : ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/HYPERTENSIONAHA.120.15082

Date de parution25 mars 2020 

Équipe : Division of Pharmacology and Vascular Medicine, Department of Internal Medicine

JournalHypertension

Peer-Reviewed : Oui

Type : Revue

L’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules s’appuie sur le récepteur membranaire ACE2 exprimé dans les poumons mais aussi dans le coeur, les reins, les intestins. Le risque lié à la prise d’inhibiteurs du système rénine angiotensine (SRA) est discuté. 

Le récepteur ACE2 présente une forte homologie avec ACE (angiotensin-converting enzyme) impliquée dans la transformation de l’angiotensine I en angiotensine II. Cependant, cette homologie ne concernant pas le site actif de l’enzyme, le rôle de ACE2 est différent : il convertit l’angiotensine II en angiotensine (1-7) et (1-9). 

Les auteurs soulignent le fait que les inhibiteurs des ACE n’agissent pas sur ACE2. 

Le récepteur ACE2 est membranaire et peut être clivé en forme soluble par ADAM17, qui est up-régulé par AT1 (récepteur à l’angiotensine II). Ainsi, l’inhibition de la formation d’angiotensine II par les inhibiteurs du SRA pourrait diminuer la forme soluble d’ACE2, favorisant la forme membranaire. Les auteurs soulignent que, les taux circulants d’ACE2 étant faibles (entre 2 et 4%), il est peu probable que l’augmentation relative de la forme membranaire favorise l’entrée de SARS-Cov-2. 

Enfin, les médicament inhibiteurs du récepteur à l’angiotensine II pourraient entraîner une augmentation de l’expression cardiaque et rénale de ACE2. (1). Cependant les données varient selon les études animales et humaines et selon les organes et aucune ne démontre une augmentation du risque d’infection par le COVID-19. 

Actuellement, les données scientifiques ne justifient pas l’arrêt systématique des traitements par inhibiteurs du système rénine angiotensine. La décision d’une alternative thérapeutique doit être discutée au cas par cas.

  1. Wang X et al. The effects of different angiotensin II type 1 receptor blockers on the regulation of the ACE-AngII-AT1 and ACE2-Ang(1- 7)-Mas axes in pressure overload-induced cardiac remodeling in male mice. J Mol Cell Cardiol. 2016 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27210827

Analyse rétrospective de 61 décès pédiatriques de pneumonie virales

Lien : clinowl.com/retrospective-analysis-of-61-cases-of-children-died-of-viral-pneumonia/

Date de parution27 mars 2020 

Équipe : Department of Forensic Pathology, School of Forensic Medicine, Southern Medical University, Guangzhou 510515, China.

JournalJournal of Forensic and Legal Medicine

Peer-Reviewed : Oui

Type : Article

L’étude a inclu 61 enfants décédés d’une pneumonie virale (divers pathogènes) ces dernières années. 83.6% avaient moins de deux ans. 91% sont morts dans les deux semaines qui ont suivi l’apparition des symptômes. 

Les changements macroscopiques relevés comprennent une hyperhémie de la muqueuse respiratoire, un oedème pulmonaire, une atteinte pleurale, des hémorragies et oedèmes focaux à la coupe pulmonaire, un élargissement des noeuds lymphatiques mésentériques (83%) et une dysplasie thymique (21%). 

Sur le plan microscopique on relève un oedème alvéolaire et interstitiel, des hémorragies pulmonaires, une effusion épithéliale alvéolaire, des exsudations fibreuses et/ou séreuses dans les alvéoles, la formation d’inclusions virales, la formation de membranes transparentes, l’infiltration de cellules inflammatoires (macrophages et lymphocytes ++) dans le tissus interstitiel et les alvéoles. 

Une atteinte cardiaque et du tractus gastro-intestinal est retrouvée. 

Ces changements histopathologiques observés lors de l’autopsie médico-légale pourraient servir de référence pour le diagnostic pathologique de la pneumonie virale.

Revue systématique des cas pédiatriques du COVID-19 – cas moins sévères et meilleurs pronostic que les adultes

Lien : onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/apa.15270

Date de parution23 mars 2020 

Auteurs :  Jonas F Ludvigsson, Karolinska institutet, Stockholm

Journal : Acta Paediatrica

Peer-Reviewed : Oui

Type : Revue

Cette Revue a inclus 45 papiers. Les enfants représentent entre 2 et 5% des cas identifiés de COVID-19. 

Symptômes : Fièvre (entre 40% et 70% des cas selon les études. La température est le plus souvent inférieure à 39°C), toux, érythème pharyngé, rhinorrhée, fatigue, diarrhée, vomissements

Proportion de cas graves : Les résultats varient études divergent Une étude chinoise indique une proportion de cas graves de 10.6% chez les < 1 an, 7.3% chez les 1-5 ans, environ 4% chez les 6-15 ans, 3% chez les 16-17 ans. Une étude américaine menée sur 123 enfants montre un taux d’hospitalisation compris entre 1.6 et 2.5%

Mortalité : Deux décès d’enfants ont été rapportés dans la littérature avant le 18 mars 2020.

Pronostic : la grande majorité des enfants récupère en une à deux semaines

Biologie :  pas de lymphopénie. Élévation des marqueurs inflammatoires peu fréquente. 

Radiologie : opacités en verre dépoli chez ⅓ des enfants, pas de signes radiologiques dans 15% des cas 

Grossesse : la grossesse ne serait pas un facteur de risque de développer un COVID-19 sévère pour la mère. L’infection au SARS-CoV-2 pendant la grossesse augmente le risque de ? foetal. La transmission intra-utérine n’est pas prouvée et semble peu probable. 

Traitement de 5 patients sévèrement atteint du Covid-19 par du plasma de donneur convalescent

Lien : jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2763983

Date de parution27 mars 2020 

Auteurs : Chenguang Shen and al.

Journal : JAMA

Peer-Reviewed : Non

Type : Article

L’utilisation de plasma de donneur convalescent a déjà fait ses preuves dans le traitement de plusieurs épidémies telles que celle du virus Ébola en 2014, du virus MERS-CoV ou encore de la grippe H1N1. Ici les auteurs s’interrogent sur les bénéfices d’une transfusion de plasma de donneur convalescent chez des patients gravement atteint du COVID-19. 

 

Cinq patients hospitalisés dans le service des maladies infectieuses de l’hôpital du troisième peuple de Shenzhen en Chine ont été inclus dans le protocole et ont donc reçu une transfusion de plasma de donneur convalescent 10 à 22 jours après leur admission. Chacun d’entre eux a été testé positif après qRT-PCR sur prélèvement nasal. Ces patients, âgés de 36 à 73 ans, avaient tous une pneumonie sévère, une charge virale élevée malgré le traitement par antiviraux et avaient bénéficié ou bénéficiaient encore d’assistance ventilatoire mécanique. Les auteurs observèrent une diminution de la température des patients, un diminution du Score SOFA, une augmentation du rapport PaO2/FiO2 et une diminution de la charge virale. Par ailleurs, 3 patients sur les 5 ont pu regagner leur domicile, les deux autres étant toujours sous ventilation mécanique mais dans un état stable.

 

Cependant, l’étude a été conduite sur un nombre restreint de patients, sans groupe contrôle et tous traités sous antiviraux, les résultats observés ne peuvent donc pas être attribués avec certitude à l’utilisation du plasma de donneur convalescent. Néanmoins ce traitement reste une piste prometteuse qui nécessite de plus profondes investigations.



Infection à COVID-19 chez les enfants

Infection à COVID-19 chez les Enfants

Dernière mise à jour de la fiche :  29/04/2020 à 17h00

  • Généralités

Les enfants entre 3 et 18 ans peuvent développer des formes asymptomatiques, sans fièvre ni toux. Toutefois, des symptômes (équivalents aux formes adultes) peuvent être présents, voire des formes graves (bien que plus rarement que chez l’adulte).

Le fait que les enfants soient asymptomatiques fait d’eux un réservoir potentiel du virus. Il est donc conseillé aux personnes présentants des facteurs de risques de limiter autant que possible  les contacts avec ces derniers – symptomatiques ou non.

La proportion de cas graves

L’étude Epidemiological characteristics of 2143 pediatric patients with 2019 coronavirus disease in China, a examiné les cas de 731 enfants avec des cas confirmés de coronavirus testés en laboratoire et 1412 enfants soupçonnés d’avoir le Covid-19 (1).

Cette étude rapporte 6% de cas graves ou critiques, contre 18,5% chez les adultes dans des études équivalentes. Elle trouve également que les nourrissons (< 30 mois) et plus particulièrement les nouveaux-nés (< 30 jours) sont plus vulnérables que leurs aînés, avec une proportion de cas graves ou critiques de 10,6% contre 3% chez les 11-18 ans.

Une autre étude rétrospective sur 36 patients âgés de 0 et 16 ans (8.3 ans en moyenne) avec une infection au Covid19 confirmée montre des résultats sensiblement équivalents : 28% étaient complètement asymptomatiques et 53% présentaient des symptômes de pneumopathie (2). Aucun des patients de cette cohorte n’a présenté d’atteinte sévère.

L’étude Clinical Characteristics of Pregnant Women with COVID-19 in Wuhan a étudié le cas de 118 femmes enceintes testées positives au COVID-19 par RT-PCR ou ayant des lésions pulmonaires évocatrices au scanner thoracique (3). Les principaux symptômes étaient de la toux (73%) et de la fièvre (75%). Parmi les 68 femmes ayant accouché pendant la période d’étude, 93% ont bénéficié d’une césarienne, et 21% des délivrances étaient prématurées  (dont déclenchées à cause de l’infection maternelle au COVID-19).

Physiopathologie

À l’heure actuelle (29/04), il ne semble pas y avoir d’explication physiopathologique claire des différences de réactions et d’aggravations des enfants par rapport aux adultes. Des études sont en cours pour expliquer ce différentiel (4).

Diagnostic

Lorsque les enfants ne sont pas asymptomatiques, les symptômes cliniques qu’ils présentent sont sont similaires à ceux retrouvés dans la forme adulte : myalgies, rhinorrhée, fièvre, irritation des VAS, maux de tête, etc. Les symptômes digestifs peuvent être prédominants, notamment chez le nouveau-né. La fièvre, lorsqu’elle est présente, est généralement inférieure à 39°C. 

Le bilan biologique montre rarement une lymphopénie ou une hausse des marqueurs de l’inflammation.

Les anomalies radiologiques peuvent être absentes dans 15% des cas (5).

[ATTENTION] Plusieurs cas d’infection par le COVID-19 associés à des symptômes de myocardite aiguë et de défaillance circulatoire évoquant une forme incomplète de la Maladie de Kawasaki on été reportés à ce jour (29/04). Dans l’attente de publications établissant ou non un lien avec l’infection au COVID-19, il convient d’être vigilant et de faire remonter aux unités de réanimation pédiatrique les cas présentant ces tableaux cliniques. 

Cas particuliers

  • Traitement immunosuppresseur

Dans un bulletin édité par le GPIP, Infovac-France et SOFREMIP , les auteurs rappellent qu’il n’y a à ce jour “pas de cas grave d’infection à coronavirus décrit chez l’enfant sous immunosuppresseur dans la littérature.” (6).

Les auteurs préconisent néanmoins : 

  • d’éviter les contacts avec les personnes souffrant d’infections respiratoires aiguës, de toux et/ou de fièvre, 
  • de respecter les gestes barrière, 
  • de mettre à jour les vaccins: le confinement ne doit pas empêcher le respect du calendrier vaccinal,
  • de ne pas arrêter les traitements immunosuppresseurs sans avis du médecin spécialiste référent, 
  • en cas de symptômes, de prendre rapidement contact avec un médecin,
  • de rappeler aux parents de bien connaître les détails de la maladie (diagnostic, modalités des traitements, médecin référent, etc.) afin de faciliter la prise en charge de l’enfant.
 
  • Les nouveaux-nés, dans le cas où la mère est asymptomatique ou pauci-symptomatique porteuse du Covid-19

La société française de néonatalogie rappelle qu’à ce jour, il n’y a pas eu de décès de nouveau-né infecté par le virus (7).

Les propositions dans ces cas sont :

  • pas de séparation mère enfant (balance bénéfice risque défavorable)
  • informer les parents sur la possibilité des formes néonatales graves
  • faire porter un masque chirurgical à la mère & respect des gestes barrières
  • ne jamais mettre de masque au nouveau-né, en informer les parents
  • respect des volontés d’allaitement
  • visites limitées du père en maternité ou service d’hospitalisation, avec port d’un masque chirurgical à minima
  • berceau à plus de deux mètres du lit la nuit.
 
  • Les nouveaux-nés, dans le cas où la mère est hospitalisée en réanimation du fait de sa propre infection au Covid-19

Les propositions de la société française de néonatalogie sont les suivantes (7) :

  • nouveau-né dans une chambre seule en néonatalogie pour surveillance et préparation du retour à domicile 
  • mesure isolement avec “précautions complémentaires gouttelettes et contacts”
  • préparation du retour à domicile avec isolement de 14 jours
  • visites limitées du père ou du représentant légal 
  • organisation d’un accompagnement à domicile en sollicitant une sage-femme libérale. L’enfant sera examiné le 1er mois avec précautions contacts (masque, hygiène des mains par les professionnels de santé).
 
  • L’allaitement 
Les propositions de la société italienne de néonatalogie (8) : 
  • d’après les connaissances scientifiques actuelles (29/04), le lait maternel n’est pas considéré comme étant vecteur de l’infection au SARS-CoV-2
  • les anticorps spécifiques contre le SARS-CoV-2 pourraient passer de la mère au nourrisson modulant ainsi l’expression clinique de l’infection infantile, mais cette hypothèse n’a pas encore été prouvée.
 

Dans tous les cas il est important de rappeler aux parents et à l’entourage du nouveau-né de respecter les gestes barrières !

Sources

(1) Dong Y, Mo X, Hu Y, et al. Epidemiological characteristics of 2143 pediatric patients with 2019 coronavirus disease in China. Pediatrics. 2020

https://doi.org/10.1542/peds.2020-0702

(2) Haiyan Q, Junhua W, Liang H, Yunling L, Qifa S, Dong C. Clinical and epidemiological features of 36 children with coronavirus disease 2019 (COVID-19) in Zhejiang, China: an observational cohort study. The Lancet Infectious Disease. 2020

https://doi.org/10.1016/S1473-3099(20)30198-5

(3) Chen, L., Li, Q., Zheng, D., Jiang, H., Wei, Y., Zou, L., Feng, L., Xiong, G., Sun, G., Wang. H., Zhao. Y., & Qiao, J. (2020). Clinical Characteristics of Pregnant Women with Covid-19 in Wuhan, China. New England Journal of Medicine.

https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMc2009226

(4) Singhal T. A Review of Coronavirus Disease-2019 (COVID-19). Indian J Pediatr. 2020

https://doi.org/10.1007/s12098-020-03263-6

(5) Liu M, Song Z, Xiao K. High-Resolution Computed Tomography Manifestations of 5 Pediatric Patients With 2019 Novel Coronavirus. J Comput Assist Tomogr. 2020

https://doi.org/10.1097/RCT.0000000000001023

(6) GPIP, Infovac-France, SOFREMIP. Mise au point sur le COVID-19 et les enfants traités par un traitement immunosuppresseur, 3 mars 2020. Lien

(7) Société Française de Néonatologie, Société Française de Pédiatrie. Propositions concernant les nouveaux-nés dans le contexte d’épidémie à Covid-19. Lien

(8) Société Italienne de Néonatologie, Union des Sociétés Européennes de Néonatologie et Périnatologie. Proposition concernant l’allaitement et l’infection au SARS-CoV-2. Lien

Favipiravir vs arbidol dans le COVID-19 : Essai clinique randomisé

Lienhttps://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.03.17.20037432v2.full.pdf

Date de parution : 27 mars 2020

Journal : Medrxiv.org

Peer Reviewed : Non

Equipe : Clinical Trial cener Zhongnan hospital of Wuhan University

Type : Article

Méthode

Etude prospective, multicentrique (3 hôpitaux), en ouvert, randomisée incluant 240 patients atteints de pneumonies à Covid-19.

Deux groupes ont été formés : un groupe contrôle traité par l’arbidol (120 sujets) et un groupe expérimental traité par le favipiravir (120 sujets). A la suite de la randomisation, 4 patients du groupe favipiravir ont abandonné.

Les résultats ont été stratifiés selon trois classes: formes modérées, formes sévères et patients atteints d’hypertension et/ou de diabète.

Résultats

Critère primaire : le taux de guérison à 7 jours est significativement réduit seulement chez les formes modérées de Covid-19.

Critères secondaires : La fièvre et la toux sont plus rapidement résolus sous favipiravir en comparaison à l’arbidol quelque soit le groupe. Il n’y a pas de différence significative concernant la nécessité d’oxygénothérapie ou de VNI ni de la mortalité entre les deux molécules.  Cependant le taux de nouvelles dyspnées est significativement supérieur sous favipiravir.

Pour les effets secondaires : une augmentation sérique d’acide urique se retrouve sous favipiravir. 

D’autres effets secondaires (dysfonction rénale, symptômes psychiatriques, symptômes digestifs) apparaissent sans différence significative dans les 2 groupes et semblent disparaître à la sortie de l’hôpital.

Discussion

1 : l’absence de différence d’effets du favipiravir chez les patients hypertendues et/ou diabétiques pourrait s’expliquer par les impacts sur la fonction pulmonaire de l’hypertension et/ou du diabète.

2 : la nécessité (même non significativement) accrue d’oxygénothérapie ou VNI chez les hypertendus et/ou diabétique pourrait s’expliquer par une moindre tolérance pulmonaire à l’hypoxie chez les patients atteints d’hypertension et/ou de diabète

Limites

1 : pas d’effet cliniquement prouvé des antiviraux contre le Covid-19, choix de l’arbidol comme “témoin” pour des raisons éthiques

2 : temps d’observation limités et pas de suivi des potentielles rechutes

3 : non dépistage systématique du aux circonstances mais diagnostic clinique et radiologique

4 : déséquilibre de la proportion de formes sévères entre les 2 groupes

Conclusion

Le favipiravir peut être considéré comme un traitement pour les patients Covid-19 modérément atteints, non traités par des antiviraux auparavant grâce à un taux de guérison à 7 jours augmenté et un délai de soulagement de la fièvre et de la toux réduit malgré des effets indésirables gérables. 

Inhibiteur du système rénine-angiotensine dans la pandémie à COVID-19

Lien : https://www.ahajournals.org/doi/pdf/10.1161/HYPERTENSIONAHA.120.15082

Date de parution : 25 mars 2020

Journal : Hypertension

Peer Reviewed : 

Equipe : Division of Pharmacology and Vascular Medicine, Department of Internal Medicine

Type : Review

L’entrée du SARS-CoV-2 dans les cellules s’appuie sur le récepteur membranaire ACE2 exprimé dans les poumons mais aussi dans le coeur, les reins, les intestins. Le risque lié à la prise d’inhibiteurs du système rénine angiotensine (SRA) est discuté. 

Le récepteur ACE2 présente une forte homologie avec ACE (angiotensin-converting enzyme) impliquée dans la transformation de l’angiotensine I en angiotensine II. Cependant, cette homologie ne concernant pas le site actif de l’enzyme, le rôle de ACE2 est différent : il convertit l’angiotensine II en angiotensine (1-7) et (1-9). 

Les auteurs soulignent le fait que les inhibiteurs des ACE n’agissent pas sur ACE2. 

Le récepteur ACE2 est membranaire et peut être clivé en forme soluble par ADAM17, qui est up-régulé par AT1 (récepteur à l’angiotensine II). Ainsi, l’inhibition de la formation d’angiotensine II par les inhibiteurs du SRA pourrait diminuer la forme soluble d’ACE2, favorisant la forme membranaire. Les auteurs soulignent que, les taux circulants d’ACE2 étant faibles (entre 2 et 4%), il est peu probable que l’augmentation relative de la forme membranaire favorise l’entrée de SARS-Cov-2. 

Enfin, les médicament inhibiteurs du récepteur à l’angiotensine II pourraient entraîner une augmentation de l’expression cardiaque et rénale de ACE2 (1). Cependant les données varient selon les études animales et humaines et selon les organes et aucune ne démontre une augmentation du risque d’infection par le COVID-19. 

Actuellement, les données scientifiques ne justifient pas l’arrêt systématique des traitements par inhibiteurs du système rénine angiotensine. La décision d’une alternative thérapeutique doit être discutée au cas par cas.

Sources

1. Wang X et al. The effects of different angiotensin II type 1 receptor blockers on the regulation of the ACE-AngII-AT1 and ACE2-Ang(1- 7)-Mas axes in pressure overload-induced cardiac remodeling in male mice. J Mol Cell Cardiol. 2016 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27210827

Définition des cas et prise en charge des patients contacts

Définition des Cas et Prise en Charge des Patients Contacts

Dernière mise à jour de la fiche :  18/04/2020 à 13h59

Remarque préliminaire :

Pour le moment (au 18/04/2020), la définition en cas contact ou non n’intervient plus dans les modalités de prise en charge médicale, uniquement dans les mesures de prévention.

La symptomatologie clinique et la présence de signes de gravité sont les seuls marqueurs influant la prise en charge médicale.

Définitions utiles

  • Patient cas suspect : personne dont on considère qu’elle pourrait répondre à la définition de cas (en attente de classement).
  • Patient cas possible : patient cas suspect qui, après évaluation et classement par un infectiologue référent, entre dans la définition de cas élaborée par Santé Publique France.
  • Personne co-exposée : personne exposée à la même source d’exposition virale que le cas possible.
  • Patient cas confirmé : patient cas possible avec un prélèvement biologique confirmant la présence du SARS-CoV-2.
  • Personne contact : personne ayant été en contact avec un « cas confirmé » avec différents niveaux de risque : négligeable, faible et modéré/élevé.

Définition des cas par Santé Publique France

Cas possible

Actuellement, dans la phase où nous sommes, toute personne présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë avec une fièvre ou une sensation de fièvre est un cas possible de Covid-19.

A noter que des signes cliniques atypiques semblent être attribuable au Covid-19, tel qu’une anosmie sans rhinite associé, des signes digestifs, un état confusionnel chez les personnes âgées notamment, ou des douleurs thoraciques (lié à une myocardite causé par le virus). Pour toute information supplémentaire sur ces symptômes , nous vous renvoyons à nos Newsletters sur le sujet et la bibliographie

Cas probable

Toute personne présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë dans les 14 jours suivant un contact étroit avec un cas confirmé de Covid-19 OU toute personne présentant des signes cliniques d’infection respiratoire aiguë et des signes visibles en tomodensitométrie thoracique évocateur de Covid-19.

Un contact étroit est défini comme le partage d’un lieu de vie ou un contact direct (moins d’un mètre, en face à face pendant plus de 15 min), en l’absence des moyens de protection adéquats, avec un cas confirmé, à partir de 24h précédant l’apparition des symptômes.

Cas confirmé 

Toute personne, symptomatique ou non, avec un prélèvement confirmant l’infection par le SARS-CoV-2.

Définition des sujets contacts

Comme mentionné précédemment, un contact étroit est défini comme avoir partagé un lieu de vie ou avoir eu un contact direct (moins d’un mètre, en face à face pendant plus de 15 min) en l’absence de moyens de protection adéquats, avec un cas confirmé, à partir de 24h précédant l’apparition des symptômes. 

Il existe 3 niveaux d’exposition des personnes contacts d’un cas classé cas confirmé.

Sujet contact à risque modéré/élevé : personne ayant partagé le même lieu de vie que le patient cas index lorsque celui-ci présentait des symptômes (par exemple : famille, même chambre ou ayant eu un contact direct, en face à face, à moins d’1 mètre du cas classé cas possible ou cas confirmé au moment d’une toux, d’un éternuement ou lors d’une discussion, flirt, amis intimes, voisins de classe ou de bureau, voisins du cas index dans un avion ou un train en l’absence de mesures de protection efficaces).

Sujet contact à risque faible : personne ayant eu un contact ponctuel (étroit ou prolongé) avec un patient cas index à l’occasion de la fréquentation des lieux publics, ou ayant eu un contact dans la sphère privée ne correspondant pas aux critères de risque modéré/élevé (voir ci-dessous).

Sujet contact à risque négligeable : personne ayant eu un contact ponctuel avec un patient cas index à l’occasion de la fréquentation de lieux publics, sauf circonstances particulières qui peuvent justifier un classement en risque faible.

Mesures de prise en charge des sujets contacts

Les mesures de prise en charge sont mieux développées dans la fiche « Mind Map ». Elles sont résumées ci-dessous. 

Ces dernières varient selon le niveau d’exposition du sujet.

Sujets contacts à risque modéré/élevé : isolement à domicile d’une durée de 14 jours après le dernier contact à risque avec le cas et suivi des consignes suivantes: 

    • Rester à domicile,
    • Éviter les contacts avec l’entourage familial (à défaut : port d’un masque chirurgical),
    • Se laver très régulièrement les mains et utiliser des solutions hydro-alcooliques,
    • Réaliser la surveillance active de la température avec un thermomètre,
    • Surveiller l’apparition de symptômes (fièvre, toux, difficultés respiratoires, etc).

En cas d’apparition de fièvre ou de symptômes : il s’agit de porter un masque et de contacter rapidement la cellule régionale de suivi, pour une prise en charge sécurisée via le SAMU-Centre 15 en signalant le contact avec un cas confirmé de Covid-19.

Les autorités sanitaires assurent un suivi téléphonique quotidien du sujet contact à risque modéré/élevé (cellule régionale de suivi des sujets contact de Covid-19).

Sujets contacts à risque faible : surveillance de l’apparition de symptômes pendant une durée de 14 jours après le dernier contact à risque avec le cas : 

  • Réaliser la surveillance active de la température, 2 fois par jour, avec un thermomètre,
  • Surveiller l’apparition de symptômes (fièvre, toux, difficultés respiratoires, etc).

Dès l’apparition d’un de ces symptômes : 

  • Port de masque et isolement,
  • Contact immédiat de la cellule régionale de suivi pour prise en charge sécurisée via le SAMU-Centre 15 en signalant le contact avec un cas confirmé de Covid-19.

Sujets contacts à risque négligeable : respect des règles de confinement et application des mesures barrière, aucune mesure spécifique.

Concernant le dépistage des cas possibles ou probables

En phase épidémique, les patients présentant des signes de Covid-19 ne sont plus systématiquement confirmés par test biologique. Une priorisation est faite concernant les personnes à tester.
Les tests systématiques sont à prioriser pour : 
 
  • Les patients hospitalisés pour un tableau clinique évocateur de COVID-19 afin de valider le diagnostic et éviter la transmission par des mesures d’isolement et d’hygiène appropriées,
  • Le suivi de l’excrétion virale chez les patients graves en réanimation afin de guider le traitement,
  • Tous les professionnels de santé ou personnels des structures médico-sociales et d’hébergement dès l’apparition des symptômes évocateurs de Covid-19,
  • Les personnes à risque de formes graves et présentant des symptômes évocateurs de Covid-19,
  • Les femmes enceintes symptomatiques quel que soit le terme de la grossesse ;
  • Les donneurs d’organes, tissus ou cellules souches hématopoïétiques ;
  • Les trois premiers patients dans le cadre de l’exploration d’un foyer de cas possibles au sein d’une structure d’hébergement collectif (en particulier collectivités de personnes âgées mais aussi lieu d’accueil pour les personnes avec un handicap, milieu carcéral, caserne, résidence universitaire…). 
Pour les autres patients symptomatiques, l’examen clinique devient majeur dans l’identification et la bonne orientation des patients COVID-19.
De plus, les personnels symptomatiques des opérateurs d’importance vitale sont également prioritaires pour la réalisation des tests de diagnostic.

Sources

Santé publique France : Définition de cas d’infection au SARS-CoV-2 (COVID-19) – Mise à jour le 01/04/2020 : 

https://www.santepubliquefrance.fr/media/files/01-maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/definition-de-cas-13-03-20 

Santé publique France : Conduite à tenir devant un patient suspect d’infection au SARS-CoV-2 (COVID-19) (Valable au 03/04/2020)

https://www.santepubliquefrance.fr/media/files/01-maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/conduite-a-tenir-14-03-20

Ministères des Solidarités et de la Santé : Guide méthodologique de préparation au Covid 19, page 4 : définition des risques, page 15: définitions sujets contacts et pec

https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_methodologique_covid-19-2.pdf

Santé Publique France : Fiche de recommandation à donner aux sujets contacts

https://www.santepubliquefrance.fr/media/files/01-maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/fiche-de-recommandations-a-donner-aux-personnes-contacts

Mission COREB : Repérer et prendre en charge un patient atteint d’infection respiratoire aigüe en contexte d’épidémie CoVID-19 (23 Mars 2020)

https://www.coreb.infectiologie.com/UserFiles/File/procedures/fiche-radar-covid19-med-de-ville-23-mars-maj-vf.pdf