Protection du personnel hospitalier

Protection du Personnel Hospitalier

Dernière mise à jour de la fiche :  05/05/2020 à 12h00

Prise en charge d'un patient COVID-19 ou suspect

Dans l’état actuel des connaissances, la SF2H recommande, pour la prise en charge opérationnelle d’un patient considéré comme suspect, les mesures suivantes : 

  • une chambre ou un box individuel, porte fermée, idéalement en pression négative, port d’un masque chirurgical, pas de déplacement inutile au sein de la chambre.

  • prendre des précaution supplémentaire de type “air” ainsi que “contact” : 

    • Port de masque FFP2,

    • Protection de la tenue professionnelle dans l’idéal par une sur-blouse avec manches longues, imperméable, sans zone de transition entre celle-ci et les gants de protection,

    • Friction hydro-alcoolique (SHA) en 7 temps à l’entrée et à la sortie de la chambre,

    • Charlotte recouvrant l’intégralité du cuir chevelu,

    • Port systématique de gants à usage unique,

    • Lunettes de protection (ou masque à visière).

D’après une synthèse proposée par l’AP-AH et le CPias Pays de la Loire (ici), en dehors de situations particulières de manoeuvres respiratoires invasives, l’efficacité du masque FFP2 n’est pas supérieure à celle du masque chirurgical pour empêcher la transmission de la majorité des agents viraux infectieux. 

Ré-utilisation et prolongation du port des protections

Du fait de la situation épidémiologique et des stocks de masques disponibles imposant une rationalisation de leur usage, la SF2H a émis un avis relatif aux conditions de prolongation du port ou de réutilisation des masques (1), ainsi qu’un avis relatif à l’utilisation de matériaux alternatifs pour la confection de masques de protection (2).

La réutilisation des masques n’est donc pas recommandée : il est préférable de prolonger le port du masque à le ré-utliser. Cependant, des études récentes montrent qu’il possible de désinfecter un masque à l’aide de peroxyde d’hydrogène ou d’un micro-ondes. De plus, si la réutilisation d’un masque s’avère nécessaire, il est conseillé de le garder dans un sachet fermé et le lavage des mains doit être effectué après manipulation du masque. Vous pouvez trouver plus d’informations ici.

La SF2H a également émis un avis relatif à la ré-utilisation des sur-blouses (3).

Protections à utiliser suivant les soins effectués

Au vu des disponibilités du matériel, et de la transmission du virus par gouttelettes dans la majorité des cas, les dispositions ci-dessous sont proposées pour la pratique quotidienne des soignants durant l’épidémie.

1.  Soins à risque d’aérosolisation (Prélèvements naso-pharyngés ou crachats /  aérosols / soins de trachéotomie, etc.) : précautions AIR + CONTACT = masque FFP2, lunettes, gants, sur-blouse, charlotte.

2. Soins nécessitant de toucher le patient (examen clinique, pansement, nursing, changement du bassin, changements des draps, etc.) : précautions GOUTTELETTES + CONTACT = masque chirurgical, sur-blouse, gants.

3. Soins simples : (interrogatoire sans examen, injection seule, etc.) : précautions GOUTTELETTES masque chirurgical, gants.

Dans tous les cas, des frictions fréquentes à la solution hydro-alcoolique sont conseillées.

L’élimination de ces équipements de protection individuelle (EPI) en DASRI se fait avant la sortie du box ou de la chambre, sauf pour les lunettes et l’APR qui seront retirés après la sortie du box ou de la chambre. La réalisation d’une désinfection rigoureusement respectée :

    • des dispositifs médicaux qui ne seraient pas dédiés dès leur sortie de la chambre,
    • de l’environnement proche du patient (sa chambre) a minima quotidiennement selon la technique et avec les produits habituels; le soignant en charge de cette désinfection respectant les recommandations de protection ci-dessus,
    • de gérer le linge ou la vaisselle selon les procédures habituelles,
    • de limiter strictement les visites, et le cas échéant d’appliquer les mêmes mesures de protection à un visiteur qu’à un soignant.

Gestion des déchets

Concernant la gestion des déchets d’activités de soins (DAS) produits au cours de l’épidémie de Covid-19, en particulier en milieu diffus, le HCSP recommande : 

1. Pour les établissements de santé, d’éliminer les déchets issus de patients infectés ou suspectés d’être infectés par le SARSCoV-2 selon la filière classique des déchets d’activités de soins à risque infectieux (DASRI) de l’établissement sans les distinguer des autres DASRI produits par l’établissement, et des les traiter par incinération ou par prétraitement par désinfection. 

2. Pour les professionnels de santé prodiguant des soins à domicile, d’éliminer les déchets produits par l’acte de soin via la filière classique des DASRI.

3. Pour les professionnels de santé en exercice libéral et pour les personnes infectées ou susceptibles de l’être, maintenues à domicile, d’éliminer selon la filière classique des ordures ménagères (dans un double emballage), les déchets contaminés ou susceptibles d’être contaminés (notamment les masques, mouchoirs à usage unique et bandeaux de nettoyage des surfaces). 

Sources :

Signes Radiologiques du COVID-19

Signes Radiologiques du COVID-19

Dernière mise à jour de la fiche :  05/04/2020 à 9h00

Technique conseillée

Technique classique de TDM : acquisition hélicoïdale millimétrique sans injection au niveau du thorax.

Importance du bio-nettoyage du scanner à l’aide d’un détergent/désinfectant selon les recommandations habituelles du service d’hygiène, afin d’éviter de possibles contaminations entre patients.

La radio thoracique est moins intéressante car elle retarde le diagnostic par rapport au scanner. Les images sont a-spécifiques et il existe un risque d’une exposition plus importante des manipulateurs radios.

L’échographie pleuro-pulmonaire n’est pas recommandée pour l’évaluation des patients atteints ou suspects du Covid-19 (voir la SFR [2]). Elle peut montrer un épaississement pleural, des lignes B hétérogènes et des îlots de condensation.

Imagerie typique

  • Initialement : plages de verre dépoli périphériques et sous pleural, aspect nodulaire [3],
  • Évolution : fréquence de condensations évoquant un aspect de pneumonie organisée,
  • Formes plus sévères : verre dépoli extensif avec réticulations au sein du verre dépoli (aspect de crazy-paving).

L’étendue des anomalies est à préciser : minime (< 10%), modéré (< 25%), étendu (< 50%) ou sévère (> 50%).

Aussi, les patients sévères ont, par rapport aux cas non sévères, davantage de : (classé par ordre de fréquence décroissante)

  • Opacités linéaires
  • Opacités alvéolaires
  • Crazy-paving
  • Épaississement des parois bronchiques
  • Épanchement pleural
  • Épanchement péricardique

Attention : la TDM peut être normale dans les 3 premiers jours suivant l’apparition des symptômes, y compris dans le cas de formes modérément sévères. Il est donc conseillé d’indiquer aux radiologues la date d’apparition des symptômes, pour une interprétation adéquate.

Si les cas sévères et graves présentent pour la plupart des lésions scanographiques, il ne semble pas exister de corrélation radio-clinique franche (des signes radiologiques plus importants ne veulent pas dire un cas clinique plus grave).

La présence de nodules centro-lobulaires, de sécrétions endobronchiques ou d’une condensation systématisée n’est pas en faveur d’une infection par SARS-Cov-2 et doit faire rechercher un diagnostic différentiel. Les adénomégalies médiastino-hilaires sont rares mais se rencontrent dans les formes sévères.

Exemple d'images

Ce diaporama présente 25 cas cliniques de TDM : lien (onclepaul.fr).

En outre, la SFR (Société Française de Radiologie) propose des cas cliniques de TDM que nous vous invitons à consulter ici. 

À titre d’exemple, voici l’aspect typique décrit chez une patiente de 71 ans présentant une fièvre persistante à 3 jours d’antibiothérapie par Amoxicilline-Acide Clavulanique et une saturation à 92% en air ambiant. (Cliquez sur les images pour les agrandir)

Sources

  • 1 : La SFR (Société Française de Radiologie). Lien ici
  • 2 : Revel, Lederlin, Briller, Khalil. COVID-19: Mise au point sur la place de l’échographie thoracique. [Internet]. [Cité 25 mars 2020]. Lien ici
  • 3 : Li K, Wu J, Wu F, Guo D, Chen L, Fang Z, et al. The Clinical and Chest CT Features Associated with Severe and Critical COVID-19 Pneumonia. Investigative Radiology. 29 février 2020. DOI : 10.1097/RLI.0000000000000672. Lien ici

Signes Cliniques du COVID-19

Signes Cliniques du COVID-19

Dernière mise à jour de la fiche :  25/03/2020 à 17h00

Temps d'incubation

Les périodes d’incubation varient entre les études. Elle restent situées entre 4.9 jours et 6.4 jours.

Épidémiologie des formes cliniques

  • 81 % des malades ont une forme clinique modérée.
  • 14% ont une forme sévère (avec dyspnée, FR>30/min, Sat < 93% et/ou infiltrat pulmonaires).
  • 5% ont une forme critique (SFRA, défaillance multiviscérale, choc septique).

Ceci sont les chiffres du CDC Chinois. L’étude de Li and al. montre des résultats similaires : 30 % sont sévères, 70% ordinaires.

L’aggravation secondaire apparaît entre J7 et J10 avec apparition d’une dyspnée marquée et d’une détresse respiratoire.

Transmission

Interhumaine sous forme de gouttelettes.

Aérosolisation iatrogène lors de certaines prises en charge (aérosols, ventilation non-invasive, oxygénothérapie à haut-débit, intubation, etc…).

Suspicion de transmission interhumaine oro-fécale.

Signes cliniques

Les principaux signes cliniques sont :

  • Fièvre (> 38°C)
  • Toux
  • Expectoration
  • Myalgies (dans le dos ++)

Les signes cliniques moins communs sont :

  • Céphalées
  • Dyspnée
  • Douleurs abdominales / Troubles du transit
  • Maux de gorge
  • Douleurs thoraciques
  • Anosmie brutale et sevère sans obstruction nasale et/ou agueusie

Les facteurs influençant la sévérité des cas sont :

  • Âge > 70 ans
  • Grossesse à partir du 3ème trimestre (suspicion)
  • Comorbidités : (d’après Coronaclic)
    • Diabète non ou mal équilibré, ou avec complications
    • Antécédents cardiovasculaires : HTA compliquée, AVC, coronaropathie, chirurgie cardiaque
    • Insuffisance cardiaque NYHA III ou IV
    • BPCO
    • Insuffisance rénale dialysée
    • Cancer sous traitement
    • Cirrhose > stade B
    • Obésité morbide (IMC > 30)
    • Immunodépression
      • Médicamenteuse
      • VIH non contrôlé (CD4 < 200/mm3)
      • Greffe d’organes ou de cellules hématopoïétiques

Les patients plus sévères ont souvent :

  • Toux
  • Expectoration
  • Dyspnée
  • Douleur thoracique
  • Fièvre
  • Comorbidités (cf. liste précédente)

Signes de gravité et de complication

Signes de gravité : (d’après Coronaclic)

  • SpO2 < 90% en AA
  • Polypnée avec FR > 22
  • PSA systolique < 90 mmHg
  • Altération de l’état de conscience, confusion et/ou somnolence
  • Déshydratation
  • Altération de l’état général brutale chez le sjujet âgé

Les complications sont :

  • SDRA
  • Insuffisance cardiaque aigüe
  • Insuffisance rénale aigüe
  • Choc septique
  • Infections secondaires (légionelle, pneumocoque, mycoplasme …)

Définition du SDRA :

  • Insuffisance respiratoire aigüe (apparue depuis moins d’une semaine)
  • Imagerie thoracique (CT-Scan) : opacité bilatérales en verre dépoli, multifocal à prédominance périphérique, image en pneumonie organisée
  • Hypoxémie avec rapport PaO2/FiO2 < 300 pour une pression expiratoire positive réglée à 5 cmH20
  • Trois stades de sévérité selon le rapport PaO2/FiO2 (critères de Berlin)
    • Mineur : 200 < P/F < 300
    • Modéré : 100 < P/F < 200
    • Sévère :  P/F ≤ 100

==> Ne par retarder l’intubation

Sources

Caractéristiques cliniques du COVID-19 en Chine

Lien : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2002032

Date de parution : 28 février 2020

Journal : New England Journal of Medicine

Peer Reviewed : Oui 

Université/Institut : China Medical Treatment Expert Group for Covid-19

Type : Méta-analyse

Parmi les 7736 patients atteints de Covid-19 hospitalisés dans 552 sites au 29 janvier 2020, ils ont obtenu des données pour 1099 patients (14,2%), dont une majorité à Wuhan. Parmis eux, 3.5% étaient des soignants.

Caractéristiques cliniques :

La période d’incubation médiane était de 4 jours (intervalle interquartile, 2 à 7). L’âge médian, de 47 ans (quartiles : 35 – 58 ans). 0,9% avaient moins de 15 ans et 41,9% étaient des femmes. 43,8% avaient de la fièvre à l’admission et 88,7% pendant l’hospitalisation. Le deuxième symptôme le plus courant était la toux (67,8%). Les nausées ou vomissements (5,0%) et la diarrhée (3,8%) étaient rares.

Caractéristiques radiologiques :

Les motifs les plus courants sur la TDM thoracique étaient l’opacité du verre dépoli (56,4%) et l’ombrage irrégulier bilatéral (51,8%)

Caractéristiques biologiques :

À l’admission, une lymphocytopénie était présente chez 83,2% des patients, une thrombocytopénie chez 36,2% et une leucopénie chez 33,7%, la plupart avaient une CRP élevée.

Devenir :

5,0% des patients ont été en soins intensifs, 2,3% ont subi une ventilation mécanique invasive et 1,4% sont décédés.

Parmi tous les patients, le risque d’atteindre un état grave (soins intensifs, ventilation ou mort) était de 3,6%. Ce risque cumulé était de 20,6%, chez ceux atteint d’une forme sévère.

COVID-19 et le système cardiovasculaire

Lien : https://www.nature.com/articles/s41569-020-0360-5?fbclid=IwAR3HoFrfs6ePbGvNFTex6jz3dc0yA7Xfw3uwzwKcCLDmZn9nIYjejAuCM88

Date de parution : 05 mars 2020

Journal : Nature Review Cardiology

Peer Reviewed : Oui 

Université/Institut : Department of Cardiology, First Affiliated Hospital of Zhengzhou University, Key Laboratory of Cardiac Injury and Repair of Henan Province, Zhengzhou, China, Department of Cardiology, First Affiliated Hospital of Xinjiang Medical University, Urumqi, China.

Type : Revue de littérature

Il semblerait que l’infection des cellules humaines par le SARS-COV-2 est permise par la protéine ACE2, jouant le rôle de récepteur dans les cellules pulmonaires. Ce récepteur  étant présent au niveau des cellules cardiaques, le virus pourrait les infecter également. Or, il semblerait que le inhibiteurs du SRAA augmentent l’expression de ACE2. Ainsi, les patients sous traitement antihypertenseur interagissant avec le SRAA (IEC et sartans) doivent être particulièrement surveillés. 

Des lésions cardiaques aiguës induites par l’infection ont été observées en Chine et, dans certains cas, les symptômes cardiaques (oppression thoracique et palpitations) ont été observés avant les symptômes respiratoires. 

Les maladies cardiovasculaires (notamment diabète, maladie coronaire et hypertension) peuvent augmenter la sévérité des symptômes pulmonaires et cardiaques. De plus, la probabilité d’insuffisance cardiaque étant augmentée en cas d’infection, les patients ayant un syndrome coronarien aigu ont un moins bon pronostic. Enfin, les plus de 60 ans (et notamment ceux présentant des comorbidités) sont plus facilement infectés et présentent plus souvent des symptômes systémiques et des pneumonies sévères. 

Une protection cardiovasculaire lors du traitement des patients atteints de COVID-19 devrait être considérée car des troubles du métabolisme lipidique et glucidique ont été observés chez des patients guéris du SARS-COV-1. Il est également particulièrement important de surveiller le risque de toxicité cardiaque lors de la prise de traitements antiviraux.

Caractéristiques cliniques de la réactivation de l’infection à SARS-CoV-2

Lien :  https://www.journalofinfection.com/article/S0163-4453(20)30114-6/fulltext

Date de parution : 20 mars 2020

Journal : Journal of Infection

Peer Reviewed : Oui 

Université/Institut : Wuhan University, Wuhan, Hubei, China

Type : Article

Les auteurs ont réalisé le 24 février 2020 l’analyse rétrospective des caractéristiques cliniques de 55 patients testés positifs pour l’ARN de SARS-CoV-2 à Wuhan et ayant présenté une pneumonie sévère du 8 janvier au 10 février 2020. 

5 patients sur les 55 ont présenté une réactivation (re-détection de l’ARN viral, en moyenne 10 jours après sa négativation). Ils étaient âgés de 27 à 42 ans, aucun n’avait de comorbidité (HTA, diabète ou maladies cardiovasculaires). Ils n’étaient pas positifs pour d’autres virus responsables d’infections respiratoires. L’un d’eux avait un antécédent de tuberculose en 2009. Aucun n’a développé de pneumonie sévère ni n’a requis une ventilation mécanique lors de la réinfection.

Clinique : 1 patient était asymptomatique, les 4 autres avaient de la fièvre, 1 avait de la toux et 1 avait mal à la gorge. 

Radiologie : Tous présentaient les signes classiques d’une pneumonie au scanner du thorax.

Biologie : 1 patient avait une lymphopénie associée à une neutrophilie. 2 patients avaient un taux de CRP augmenté (> 18 mg/L). Tous les patients avaient des taux de transaminases normaux. 

Prise en charge : Les 5 patients avaient reçu un traitement par antibiotiques et antiviraux. 3 avaient reçu des corticostéroïdes. 

La réactivation de SARS-CoV-2 est possible après guérison. Les caractéristiques cliniques des ré-infections sont proches de celles des primo infections, avec des manifestations cliniques qui semblent moins marquées. L’étude n’a pas mis en évidence de facteur de risque de réactivation, qui dépend à la fois du statut de l’hôte (âge, sexe, immunosuppression) et des propriétés du virus (charge virale basale, variabilité du génotype), mais compte tenu du faible échantillon, d’autres études seront nécessaires pour évaluer les populations à risque de réactivation.

L’entrée de SARS-CoV-2 dans le cellules cibles dépend de ACE2 et de TMPRSS2 et est bloquée par un inhibiteur de protéases

Lien https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(20)30229-4?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0092867420302294%3Fshowall%3Dtrue#secsectitle0065

Date de parution : 16 avril 2020 

Journal : Cell 

Peer-Reviewed : Oui

Université/ Institut

  • Infection Biology Unit, German Primate Center – Leibniz Institute for Primate Research Göttingen German ; 

  • Faculty of Biology and Psychology, University Göttingen, Germany

  • German Centre for Infection Research, associated partner Charite Berlin, Germany

Type : Article

L’infection de la cellule hôte par le SARS-CoV-2 se fait par le biais d’une protéine Spike (protéine S). Cette protéine possède deux sous-unités et un site de clivage : la sous-unité S1 assure la liaison sur le récepteur de la cellule hôte tandis que la sous-unité S2 permet la fusion des membranes. Le proteines Spike de SARS-CoV et de SARS-CoV-2 (respectivement SARS-S et SARS-2-S) possédant 76% de similitudes, l’enjeu de cette étude est de déterminer si le mécanisme d’infection par SARS-CoV-2 est le même que celui de SARS-CoV. 

Il a été démontré que, tout comme SARS-CoV, SARS-CoV-2 utilise le récepteur ACE2 pour infecter la cellule hôte. Par ailleurs, le récepteur ACE2 n’est pas uniquement présent dans le tissu pulmonaire, ce qui pourrait expliquer les affections extra-pulmonaires observées chez les patients COVID-19+. De plus, SARS-Cov-2 utilise lui aussi deux protéases CatB/L et TMPRSS2 pour cliver et activer la protéine Spike. L’inhibition totale de ces deux protéases permet de bloquer l’infection des cellules hôtes par ce virus, il s’agirait donc d’une stratégie thérapeutique envisageable puisque qu’un principe actif bloquant TMPRSS2, le camostat methylate, existe déjà et est commercialisé au Japon pour une indication indépendante. Des données complémentaires sont évidemment nécessaires.

Enfin, les auteurs ont démontré que les patients convalescents du SARS-CoV produisaient des anticorps bloquant dans une moindre mesure l’infection par le SARS-CoV-2 par réactions croisées. 

SRAS-CoV-2: une nouvelle étiologie potentielle de la myocardite fulminante

Lien : https://link.springer.com/article/10.1007%2Fs00059-020-04909-z

Date de parution : 05 mars 2020

Journal : Herz

Peer-Reviewed : Oui

Université : Huazhong University of Science and Technology, Wuhan, China

Type : Article

L’impact du SARS-CoV-2 sur le système cardiovasculaire reste mal connu, bien que des élévations de la troponine I cardiaque (cTnI) et des phénomènes d’arythmie aient été rapportés.

Cette étude s’est focalisée sur les marqueurs biologiques de l’atteinte cardiaques dans le COVID-19. 

Sur 120 patients inclus, des taux élevés de peptide natriurétique de type B N-terminal (NT-proBNP; 27,5%) et cTnI (10%) ont été enregistrés. 

D’autres études ont suggéré que certains patients infectés par le SRAS-CoV-2 avaient des niveaux plus élevés de cytokines. Or, des cytokines augmentées pourraient aggraver le tableau clinique et pourraient entraîner des myocardites fulminantes, souvent mortelles en particulier dans les tableaux de défaillance multiviscérale. 

Le traitement chinois de la Myocardite fulminante a démontré un taux de mortalité inférieur à 5%. Il comprenait l’application précoce d’immuno-modulateurs, de stéroïdes, d’immunoglobulines, d’inhibiteurs de la neuraminidase ainsi que des traitements mécaniques actifs de survie comme l’application de respirateurs mécaniques et de systèmes de soutien circulatoire, l’oxygénation par membrane extracorporelle ainsi que la stimulation cardiaque.

Selon les auteurs, il convient d’accorder plus d’attention aux patients présentant des niveaux de troponine cardiaque (cTnI) extrêmement élevés et des arythmies d’apparition récente.

Revue et méta-analyse des caractéristiques du COVID-19

Lien :  

Date de parution : 13 mars 2020

Journal : Science Direct

Peer Reviewed : Oui 

Equipe : 

Type : Méta-analyse & Revue

La revue comprend 19 études publiées entre le 1er janvier 2020 et le 21 février 2020, 18 chinoises et une australienne, incluant un total de 2874 patients, allant d’une série de 9 cas à une étude transversale de 1590 cas.

Caractéristiques démographiques et comorbidités :

L’âge moyen des patients était de 51,97 ans, avec 55% d’hommes. Les patients présentaient dans 36,8% des cas des comorbidités, les plus importantes étant l’hypertension (18%), les maladies cardiovasculaires (14%), et le diabète (12%), entre autres.

Manifestations cliniques et biologiques :

La fièvre (88,7%), la toux (57%) et la dyspnée (45%) étaient les plus répandues. La fréquence de la fièvre était significativement plus élevée chez l’adulte que chez l’enfant (93% contre 44%).

La diminution de l’albumine (76%), une CRP élevée (58%) et taux élevé de lactate déshydrogénase (LDH) (57%), lymphopénie (43%) et taux de sédimentation érythrocytaire (ESR) élevé (42%), étaient fréquemment retrouvés.

Imagerie :

Aux radios thoraciques, les anomalies était principalement bilatérales (73%), avec des opacité en verre dépoli chez  68,5% de ceux qui ont des anomalies à la radiographie.

Complications :

Parmi les patients, 20% ont eu besoin de soins intensifs, 33% présentant un syndrome de détresse respiratoire aiguë, 13% avec une lésion cardiaque aiguë, 8% avec une insuffisance rénale aiguë, 6% avec choc et 14% ont eu des issues fatales.

Détection du virus : 

L’ARNémie (détection d’ARN viral dans le sang) a été signalée dans 96,8% des cas, de même que dans les aspirations nasopharyngées.

Une Thérapie Anti “Cytokine-Storm” Prometteuse contre COVID-19 : Le Foie Artificiel Système d’Épuration Sanguine

Lien : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S209580992030062X?via%3Dihub#b0120

Date de parution : 20 mars 2020

Journal : ScienceDirect (publié par Elsevier)

Peer-Reviewed : Oui

Université : First Affiliated Hospital, Collège de Médecine, Université de Zhejiang et Hôpital de Shulan, Université de Zhejiang Shuren (Hangzhou, Chine)

Type : Article

L’hypercytokinémie (aussi appelé “cytokine-storm”), est une caractéristique d’infection sévère fréquemment rencontré pour SARS, MERS, et les grippes (H5N1 et H7N9), et semble être présent chez les patients sévèrement atteints par le COVID-19.

la létalité des coronavirus et des grippes est reliée à l’induction d’une réponse immune excessive et aberrante, associée à de sévères pathologies pulmonaires, menant souvent au décès. Limiter cette réponse est une piste envisagée pour réduire la mortalité des cas sévères à la suite d’échecs de traitement  sous corticostéroïdes.

Ayant démontré son efficacité auprès des patients SARS ou atteint de grippe sévère, le Foie Artificiel Système d’Épuration Sanguine (FASES) pourrait être efficace dans le cas du COVID-19 (voir figure). Déjà testé en Chine, cette technique de dialyse combinée à un échange de plasma, aurait montré de bons pronostics dans le traitement de cas sévères ou critiques du COVID-19 avec “cytokine-storm”.(1)

Un rapport de The Expert Consensus (2) cite les indications suivantes du FASES dans la thérapie de cas sévère et critique de patients atteint du COVID-19 :

  • Concentration plasmatique en marqueurs d’inflammation :
    • >= 5 fois la limite supérieure normale 
    • OU hausse du jour > 1 fois la limite 
  • ET Progression journalière rapide de l’atteinte pulmonaire >= 10%, basée sur imagerie pulmonaire (scanner ou radiographie)
  • OU Comorbidités requérant une FASES thérapie.

De plus amples études doivent être menées : d’abord des études cliniques multi-centriques avec démonstration de la capacité à épurer les cytokines pro-inflammatoires et d’autres afin de mieux comprendre la réponse immune contre le COVID-19 et ainsi mieux la rééquilibrer.

Liens complémentaires :

(1) Lien vers l’essai de thérapie en Chine : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/32096367

(2) Lien vers le brevet : https://patents.google.com/patent/CN104524653A/en