Les masques

Masques grand public

Classification, Indications et Méthodologie

Qu’est ce qu’un masque ?

Un masque est un équipement de protection individuelle (EPI) destiné à réduire l’exposition à des substances toxiques. Il peut être médical ou non médical.

Les masques médicaux sont à utilisation clinique (par un soignant en contact avec un patient ou d’autres soignants). On distingue les masques chirurgicaux et les masques FFP1,2 ou 3. 

Les masques chirurgicaux sont actuellement utilisés en pratique clinique courante. Ils protègent les personnes avec qui le porteur est en contact, en filtrant l’air expiré. Les masques FFP sont destinés à, en plus, filtrer l’air inspiré. Le type 1 est principalement utilisé comme un masque anti-poussière (pour des activités de bricolage par exemple). Les type 2 et 3 sont destinés à un usage médical et filtrent des particules extrêmement fines.

Les masques non-médicaux, aussi appelés « grand publics » ou « barrières », sont confectionnés pour un usage social dans un but de ré-utilisation. 

Les masques grands-publics

La conception de ces masques est normée et doit respecter un cahier des charges strict, élaboré par l’ANSM, avec notamment une capacité de filtration d’au moins 70% et jusqu’à 90% des particules émises d’une taille de trois micromètres ou plus. Les masques en tissus sont lavables, repassables et réutilisables. La liste des matériaux homologués est disponible ici.

L’Académie de Médecine [1] recommande l’utilisation généralisée de ce masque dans l’espace public. Que la production soit artisanale ou industrielle, l’utilisation collective de ces masques permet de réduire la circulation du virus dans le territoire.

D’après l’AFNOR [2], deux modèles sont possibles : « à bec » ou « à plis ». Ces derniers sont prévus pour une utilisation maximale de 4 heures [2].

Patrons des deux types de masques « grand public » [2]

Quand utiliser un masque ?

D’après l’OMS [3], les masques sont utiles dans deux situations. Soit au contact d’une personne présumée infectée par le Sars-Cov-2, notamment lorsque les mesures de distanciation physique sont impossibles, soit lorsque l’on est soi-même potentiellement porteur (cas contact, symptômes respiratoires ou généraux, etc.).

Il est important de noter que le port du masque seul n’est pas efficace. Il faut en effet lui associer des mesures hygiéniques telles que le lavage des mains fréquent avec une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon, le respect des normes de distanciation sociale, etc.

Au vu des risques d’étouffement, l’utilisation d’un masque chez les enfants de moins de 3 ans est fortement déconseillée.

Comment utiliser un masque correctement ?

Avant de mettre un masque, il est important de se laver les mains. Le masque doit être appliqué sur le visage de façon à recouvrir le nez et la bouche complètement. Dès qu’il est correctement posé, il ne faut plus toucher la face avant du masque, qui doit être considérée comme contaminée. Il est à noter que déplacer le masque (pour le mettre sous le menton par exemple) invalide son utilisation.

Pour le retirer correctement, il faut l’enlever par derrière (sans toucher le devant du masque). Si le masque n’est pas réutilisable, il faut le jeter immédiatement dans une poubelle fermée. S’il est réutilisable, il s’agit de le laver puis le repasser.

Dans tous les cas, il ne faut pas oublier de se laver les mains en suivant.

La vidéo du CHU de Nantes explique le processus du port du masque ; elle est disponible ici.




Quelle est l’efficacité des masques ?

L’infographie ci-dessous revient sur l’efficacité des masques en fonction du contexte [4].

Sources 

  1. Communiqué de l’Académie : Covid-19 : sortie du confinement, Académie Nationale de Médecine. Lien
  2. Nouveau coronavirus (2019-nCov) : conseils au grand public – Quand et comment utiliser un masque ?, Organisation Mondiale de la Santé, Lien
  3. Guide d’exigences minimales, de méthodes d’essais, de confection et d’usage des masques barrières, Annexe C, AFNOR, 27 mars 2020.
  4. Ministère de la santé.

Asthme et allergies

Asthme et allergies

Dernière mise à jour de la fiche :  10/05/2020 à 16h

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Introduction

Les sociétés savantes sont unanimes sur l’importance de ne pas arrêter le traitement de fond contre l’asthme (idem BPCO) sans avis de leur pneumologue ou médecin traitant. L’asthme lorsqu’il est bien contrôlé ne semble pas être un facteur de gravité ou un facteur de risque de déclencher une forme plus sévère d’infection au COVID-19. Néanmoins, les personnes atteintes d’asthme sévère ou mal contrôlé, malgré un traitement optimal, sont à risque de développer des complications. 

La majorité des exacerbations d’asthme sont dues à des infections virales. Ceci pourrait être expliqué par le rôle potentiel de l’inflammation T2 dans le diminution des capacités de défense anti-virale de l’épithélium bronchique. Ainsi, le COVID-19 pourrait être un facteur déclencheur d’exacerbations (nous ne disposons pas de données précises à ce sujet). 


Traitement de fond

Le traitement de fond repose sur les corticoïdes inhalés qui permettent de contrôler l’inflammation bronchique et de diminuer les exacerbations d’asthme. L’arrêt d’un tel traitement est donc à risque de déstabiliser le contrôle de la maladie. Les corticoïdes inhalés n’exposent pas à un risque d’infection virale respiratoire plus sévère en général et d’infection par le SARS-CoV-2 sur les données disponibles. Les biothérapies commercialisées (omalizumab, mepolizumab, benralizumab) et en ATU (dupilumab) doivent être maintenues, en gardant le rythme des injections prescrit. Celles prescrites dans l’asthme ne sont pas immunosuppressives. 

De même, en cas d’allergie respiratoire, les antihistaminiques doivent être continués.  


Des signes d’un asthme moins bien contrôlé comme le recours plus régulier aux bronchodilatateurs, les réveils nocturnes de par la dyspnée doivent alerter. Dans ce cas, il est important de (télé)consulter son pneumologue ou son médecin traitant. En cas de mauvais contrôle de l’asthme, le traitement doit être adapté. Ainsi, en dehors d’une exacerbation, il n’y a pas de raison de différer le début d’une biothérapie si elle  est  indiquée.  

 

Infection par le COVID-19

Les patients atteints d’asthme ou d’allergies respiratoires doivent veiller à évaluer la nature de leurs symptômes : ces derniers sont-ils différents de ceux ressentis habituellement ? En cas de toux inhabituelle, de gêne respiratoire et de fièvre il est, en période d’épidémie COVID-19, indispensable de prendre avis auprès de son médecin avant de débuter un traitement de cortisone par voie orale.

  • Une personne asthmatique qui présente les symptômes du COVID-19 (cf. fiche symptôme) doit joindre son pneumologue ou médecin traitant pour avis. Dans l’attente de la consultation, le patient doit prendre son bronchodilatateur jusqu’à 10 bouffées à renouveler éventuellement au bout de 20 minutes (et chez l’enfant 1/2 bouffée / kg à renouveler au bout de 20 min). Si l’aggravation se poursuit, il faut contacter le 15. 

En cas d’exacerbation

En cas de crise ou d’exacerbation d’asthme, il faut soulager les symptômes grâce aux bronchodilatateurs inhalés. Si la crise est plus importante, il faut renouveler plusieurs fois les bouffées (jusqu’à 10 bouffées à renouveler éventuellement au bout de 20 minutes) et appeler le 15 en cas d’aggravation.


En cas d’exacerbation grave, le retard à l’initiation de la corticothérapie systémique est délétère. En cas d’exacerbation d’asthme fébrile, même avec suspicion d’infection par COVID-19, il ne faut pas retarder l’administration des corticoïdes systémiques à la posologie habituelle (0.5 à 1 mg/kg), notamment de pas attendre un résultat de test diagnostique RT-PCR. La durée de traitement habituelle (5 jours) doit être maintenue même si l’infection par COVID-19 est confirmée. 

L’utilisation des nébulisations à domicile, chez un patient suspect ou confirmé, doit être limitée au maximum car elle favorise la dissémination du virus. L’utilisation d’une chambre d’inhalation est à prioriser.

 

Au total : 

  • ne pas arrêter le traitement de fond
  • s’assurer que l’asthme est bien contrôlé. Si ce n’est pas le cas, contacter son pneumologue ou médecin traitant
  • en cas d’exacerbation, avoir recours aux bronchodilatateurs inhalés (jusqu’à 10 bouffées éventuellement renouveler au bout de 20 minutes) 
  • en cas d’exacerbation fébrile, ne pas retarder l’introduction d’une corticothérapie systémique avec posologie et durée habituelles de traitement, quel que soit le statut sérologique COVID-19.

Impact attendu du confinement en Ile-de-France et stratégies de sortie du confinement

Lien : https://www.epicx-lab.com/uploads/9/6/9/4/9694133/inserm-covid-19_report_lockdown_idf-20200412.pdf

Date de parution : 12 avril 2020 

Journal : mdRxiv

Peer-Reviewed : en cours

Université/ Institut

  • INSERM

Type : Article

Méthode

En divisant la population en 3 classes d’âges et en utilisant un modèle de compartimentation des sujets, l’équipe a comparé 4 indicateurs entre une situation d’évolution épidémique sans intervention et des situations où sont combinées différentes mesures de distanciation sociale: fermeture des écoles, isolement des personnes âgées, télétravail…

Les 4 indicateurs sont le taux d’attaque, le délai et l’amplitude du pic épidémique et le taux d’occupation des lits en unités de soins intensifs.

 

Résultats 

Le confinement strict réduit le taux de transmission (le R0 passe de 3 à moins de 0.68) ainsi que le taux d’occupation des lits en soins intensifs. Un confinement plus souple réduit plus légèrement le taux de transmission et ne permet pas la réduction de l’occupation du taux d’occupation des lits en soins intensifs. 

 

Levée du confinement

Le moment charnière est ensuite la levée du confinement, par comparaison à une stratégie sans intervention : 

  • Un déconfinement total et sans mesures complémentaires entraînerait un simple retard et un faible diminution de l’amplitude du pic. L’estimation du taux d’occupation des lits en USI/réa serait 40x supérieur aux capacités.
  • En revanche, un déconfinement progressif en maintenant les écoles fermées et les séniors confinés réduit l’amplitude et le délai du pic épidémique de 40 à 80%.

La levée du confinement sans stratégie entraînerait des effets rebonds importants car la proportion immune de la population est très faible.

 

Plusieurs trajectoires de déconfinement à partir de mai ont été étudiées. Il semble que l’isolement de plus de 75% des cas testés positifs au COVID (symptomatiques ou non) permettrai une rapide réduction du nombre de lits occupés mais induirait un risque de ré-augmentation de l’incidence et taux d’occupation des lits à partir du mois d’août. 

Des mesures de distanciation sociale doivent être prise pour les cas confirmés et l’isolement de 25% des cas accompagné de mesures strictes (télétravail généralisé, fermeture des écoles, isolement des seniors, fermeture des lieux d’activités non-essentielles) ou de 50% des cas avec des mesures moyennes semblent permettre une diminution durable de l’incidence et du nombre de lits occupés. Néanmoins le nombre de lits occupés resterait élevé (>500) tout cet été. 

 

Importance des tests

Il semble essentiel de tester les patients pour adopter une stratégie d’isolement des cas confirmés.

 

Discussions

Estimations et biais

Les projections sont basées sur des données franciliennes mais semblent cohérentes d’un point de vue qualitatif avec les observations en Italie. 

Il est à noter que les matrices de contacts sur lesquelles sont basées les estimations ne sont pas adaptées aux situations de confinement.

 

La capacité des USI/Réa sera dépassée quelque soit la stratégie choisie mais le sera plus fortement si aucune n’est adoptée. Et un dépassement plus large entraînerait la nécessité de mesures strictes plus longtemps (sur toute l’année suivante par exemple).

 

Mesures suivant la levée du confinement

Le confinement permet un changement de paradigme permettant éventuellement un maintien à plus long terme des mesures de distanciation sociale des travailleurs.

La réouverture des écoles devrait être envisageable pour l’automne/hiver après une réévaluation selon les résultats des mesures de déconfinement établies. 

L’élargissement maximal des capacités des USI/Réa a été mis en place et des investissements pour augmenter les capacités pourraient permettre d’accélérer l’immunisation de la population. 

 

Conclusion

Les résultats présentés ici sont spécifiques de la région Ile-de-France mais des estimations pour les autres régions seront nécessaires pour envisager les meilleures stratégies de sortie. 

 

Patient diabétique

Dernière mise à jour :  28/04/2020 à 9h30

Comme toute infection aiguë, Covid19 est une maladie à haut risque pour les personnes présentant des facteurs de risque de décompensation cardio-respiratoires. 

Le diabète, de par ses implications micro- et macro-angiopathiques, ses conséquences au niveau du parenchyme rénal et ses perturbations métaboliques, est donc une maladie à rechercher systématiquement chez le patient infecté (1).

 

Covid et le diabète

À l’heure actuelle, aucune étude ne permet de montrer que le covid19 affecte davantage les personne porteurs d’un diabète. En revanche, le risque de forme grave est augmenté par la présence d’un diabète déséquilibré ou compliqué, quel qu’en soit le type (2).

C’est pour cela qu’il est conseillé aux personnes diabétiques d’être particulièrement vigilantes sur les mesures barrières.

 

Les objectifs glycémiques

Les objectifs diffèrent en fonction de la situation clinique du patient et du traitement.

  • Thérapie insulinique (3)

Lorsque ce dernier est en bon état général ou qu’il présente une espérance de vie prolongée, les objectifs sont les suivants :

> A jeun et/ou en pré-prandial : 1,2 g/l < glycémie < 1.4 g/l

> En post-prandial ou à distance : < 1,8 g/l

Lorsque le patient est « fragile » et/ou poly-pathologique avec une espérance de vie réduite :

> A jeun et/ou préprandial : 1,5 g/l < glycémie < 2 g/l

  • AOD seuls (1)

Il est conseillé de surveiller la glycémie micro-capillaire au moins trois fois par jour. Ses objectifs sont en fonction du contexte et de l’âge, et donc à adapter au cas par cas (1).

 

Nutrition

Le diagnostic nutritionnel et sa prise en charge font partie intégrante de la stratégie thérapeutique globale. En raison de l’épidémiologie du virus et de l’AEG qu’il entraîne, la probabilité d’une dénutrition est forte (4).

Les signes d’alerte concernent une diminution des prises alimentaires sont des apports < 50 % des portions, ou un score < 7/10 sur l’échelle analogique visuelle. Ces signes doivent déclencher une prise en charge nutritionnelle intégrée et une prise en charge diététique si la ressource est disponible.

Hors réanimation, les objectifs quotidiens d’apports énergétique peuvent être estimés à 30 Kcal/kg de poids actuel et par jour, et protidique à 1,3 g / kg de poids actuel et par jour. En cas d’obésité, les objectifs peuvent être évalués à partir d’un poids théorique. 

 

Sources

1 : Diabetes Care in the Hospital: Standards of Medical Care in Diabetes—2019 . American Diabetes Association Diabetes Care 2019 Jan; 42(Supplement 1): S173-S181.

2 : Diabète et COVID-19 : 10 messages clés. Société Francophone du Diabète. 14 mars 2020. Lien.

3 : Aide à la prescription d’insuline – Gestion des déséquilibres glycémiques. CHU de Toulouse.

4 : Stratégie de prise en charge nutritionnelle dans les services hospitaliers gériatriques et en EHPAD. CHU de Toulouse.

Revue systématique du COVID-19 chez les enfants montrant des cas moins grave et un meilleur pronostic que les adultes

Lien :  https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/apa.15270

Date de parution : 23 mars 2020

Journal : Acta Paediatrica

Peer Reviewed : Oui 

Auteur : Jonas F Ludvigsson, Karolinska institutet, Stockholm 

Type : Revue

Cette Revue a inclus 45 papiers. Les enfants représentent entre 2 et 5% des cas identifiés de COVID-19. 

Symptômes : Fièvre (entre 40% et 70% des cas selon les études. La température est le plus souvent inférieure à 39°C), toux, érythème pharyngé, rhinorrhée, fatigue, diarrhée, vomissements.

Proportion de cas graves : Les résultats varient études divergent Une étude chinoise indique une proportion de cas graves de 10.6% chez les < 1 an, 7.3% chez les 1-5 ans, environ 4% chez les 6-15 ans, 3% chez les 16-17 ans. Une étude américaine menée sur 123 enfants montre un taux d’hospitalisation compris entre 1.6 et 2.5%.

Mortalité : Deux décès d’enfants ont été rapportés dans la littérature avant le 18 mars 2020.

Pronostic : la grande majorité des enfants récupère en une à deux semaines.

Biologie :  pas de lymphopénie. Élévation des marqueurs inflammatoires peu fréquente. 

Radiologie : opacités en verre dépoli chez ⅓ des enfants, pas de signes radiologiques dans 15% des cas.

Grossesse : la grossesse ne serait pas un facteur de risque de développer un COVID-19 sévère pour la mère. L’infection au SARS-CoV-2 pendant la grossesse peut augmenter le risque de souffrance fœtal, d’accouchement prématuré et de détresse respiratoire. La transmission intra-utérine n’est pas prouvée et semble peu probable.

Traitements controversés : une compréhension actualisée de la maladie de coronavirus 2019

Lien : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/jmv.25788

Date de parution : 26 mars 2020

Journal : Journal of Medical Virology

Peer Reviewed : Oui

Equipe : Department of Clinical Medical Research Center, The Second Clinical Medical College of Jinan University, The First Affiliated Hospital Southern University of Science and Technology, Shenzhen People’s Hospital, Shenzhen, Guangdong, 518020 People’s Republic of China

Type : Review

Cette courte revue propose un état des lieux des différents traitements ayant été proposés en Chine aux patients atteints du COVID-19.

Thérapie antivirale :

Le remdesivir a déjà prouvé une efficacité contre le MERS et le SARS dans le passé à la fois in vitro et in vivo chez des animaux. Il a été montré comme effectif in vitro sur une lignée de cellule humaine infectée par le SARS-CoV 2. Un patient traité par remdesivir intraveineux au 7eme jour d’hospitalisation (11eme jour depuis le début des symptômes) s’est amélioré cliniquement dès le 8eme jour. Deux essais cliniques sont en cours pour évaluer l’efficacité de la molécule contre le COVID-19. Il est cependant nécessaire de prendre des précautions de dosage, car le nombre d’effets indésirable varie en fonction de l’ethnicité du patient.

Le traitement par ribavirin reste déconseillé selon cette étude, notamment en raison du grand nombre d’effets indésirables. Une association avec des interférons a toutefois été recommandée par le gouvernement chinois pendant l’épidémie de COVID-19. Cependant, l’efficacité clinique n’ayant pas encore été démontrée, les auteurs émettent des réserves quant à l’utilisation de cette molécule dans le traitement du COVID-19.

La chloroquine, bien qu’ayant une efficacité prouvée in vitro contre le SARS-CoV 2, n’a pas encore été soumise à des essais cliniques poussés. De plus, il est conseillé de ne pas minimiser les effets indésirables de la molécule, notamment sa cardiotoxicité, le risque de rétinopathie et sa potentielle accumulation hépatique chez des patients insuffisants.

Glucocorticoïdes :

Peu de données ont montré l’efficacité d’un traitement par glucocorticoïdes dans le SARS-CoV 2 et l’OMS recommande d’éviter leur utilisation au vu de leurs potentiels effets secondaires (nécrose avasculaire, psychose, diabète, retard de clairance virale). Toutefois, il a été suggéré qu’une utilisation appropriée dans les syndromes de détresse respiratoire aiguë peut-être utile, tout comme dans les cas sévères.

Foie artificiel :

Si un état de choc cytokinique est avéré chez un patient COVID-19 et si les conditions le permettent, la mise en place d’un système de foie artificiel peut être considérée.

Caractéristiques cliniques des enfants porteurs du coronavirus en 2019 à Hubei, China

Lien : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.03.06.20032342v

Date de parution : 042 mars 2020

Journal : Current Medical Science

Peer Reviewed : Oui

Université/Institut : Huazhong University of Science and Technology

Type : Article

Les enfants sont aussi susceptibles que les adultes de développer une forme pathologique d’infection au SARS-CoV-2. Toutefois, les tableaux cliniques et les issues sont plus favorables pour les enfants : leur infection dure moins longtemps et est bien moins sévère.

Cette étude s’appuie sur une cohorte multicentrique de 25 patients, présentant comme symptômes principaux de la fièvre (52%) et une toux sèche (44%) et plus rarement de la diarrhée, congestion nasale, dyspnée, douleur abdominale ou des vomissements.

L’infection au SARS-CoV-2 se manifestait chez les enfants de moins de 3 ans et de plus de 6 ans, le plus souvent par une pneumonie bénigne, et entre 3 et 6 ans, par une infection respiratoire haute.

 

Sur le plan biologique, une lymphopénie a été relevée chez 10 patients sur 25. 

Au scanner thoracique, les enfants de moins de 3 ans présentent surtout des lésions bilatérales alors que les plus de 6 ans présentent surtout des lésions unilatérales.



2 formes sévères ont été retrouvées chez deux enfants âgés d’un an et 8 mois, étaient atteints de cardiopathies congénitales. Ils présentaient un taux de lactate déshydrogénase plus élevée que les autres patients, en plus d’une lymphopénie. 

Le risque de développement d’une infection bactérienne opportuniste n’est pas à exclure, compte-tenu de consolidations bilatérales des poumons révélées par radiographie thoracique. 

Une prise en charge sous ventilation artificielle,  une corticothérapie et des immunoglobulines IV ont été nécessaires en plus de la combinaison antivirale Interferon/Oseltamivir ainsi que par une antibiothérapie appropriée. 

 

Les enfants de moins de 3 ans sont plus à risque de développer une infection respiratoire en réponse à l’infection au COVID-19, certainement en raison de la structure de leur tractus respiratoire et de l’immaturité de leur système immunitaire et du contage familial. Une surveillance toute particulière est à accorder aux enfants ayant des maladies congénitales, plus à risque de développer des formes graves.

L’utilisation précoce, à faible doses et à court terme de corticoïdes dans le traitement des pneumonies sévères COVID-19

Lien : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.03.06.20032342v

Date de parution : 12 mars 2020

Journal : MedRxiv

Peer Reviewed : Non

Université/Institut : Union Hospital, Tongji Medical College, Huazhong University of Science and Technology, Wuhan, China

Type : Article

Les auteurs ont réalisé une étude rétrospective de 46 patients hospitalisés pour pneumonie sévère COVID-19 du 20 Janvier au 25 Février 2019 à l’hôpital de Wuhan. Ils les ont séparés en 2 groupes: un contrôle (n=20) pris en charge classiquement avec oxygénothérapie, thérapie antivirale (IFN-alpha, Lopinavir-Ritonavir, Thymosine) et antibioprophylaxie; le second (n=26) recevant en plus un traitement par corticoïdes (méthylprednisolone 1-2 mg/kg en IV pendant 5-7 jours). Ils ont comparé les constantes vitales, les résultats de biologie et de radiologie sur la durée d’hospitalisation.

Caractéristiques générales: Pas de différence significative dans l’âge et le sexe des patients (moyenne=54 ans, 57% d’hommes) ou dans la part de patients avec comorbidités (32.1%). 3 patients sont décédés (homme 89 ans cancer de la prostate phase terminale, femme 51 ans post-amputation d’une gangrène diabétique du pied, homme 49 ans arrêt respiratoire), dont 2 appartenaient au groupe traité par méthylprednisolone.

 

Paramètres vitaux:

  • 27 présentaient de la fièvre à l’admission et parmi eux 15 ont été traités par corticoïdes. Les patients traités ont eu une diminution significativement plus rapide de la fièvre (2.06±0.28 si traité, contre 5.29±0.70, P=0.010).
  • Le groupe traité a présenté une amélioration significativement plus rapide de la SpO2, avec une diminution de la durée d’oxygénothérapie nécessaire (8.2 jours si traité, contre 13.5 jours, P<0.001).

 

Paramètres biologiques:

  • Pas de différence significative dans le comptage des leucocytes, ni des taux de CRP, procalcitonine, IL-2,4,6 et 10, malgré l’action connue immunosuppressive des corticoïdes sur les cellules et cytokines inflammatoires (“l’orage cytokinique” est considéré comme l’un des mécanismes physiopathologiques d’aggravation des dommages pulmonaires).

 

Paramètres radiologiques:

  • Diminution significative du degré d’absorption des RX dans les champs pulmonaires des patients traités (scanner thoracique à J0, J7 et J14).

 

Effets indésirables:

L’usage de corticoïdes n’est actuellement pas recommandé dans la prise en charge des patients atteints de pneumonie COVID-19 du fait des risques d’infection secondaire liée à l’immunosuppression, mais aussi des risques d’hyperglycémie, de saignements gastro-intestinaux et autres effets indésirables moins fréquents. Les auteurs n’ont pas décrit de complication grave chez les patients ayant reçu la corticothérapie. Ils ont limité le risque infectieux par l’antibioprophylaxie et l’administration d’Ig humaines si celles du patient étaient sous les 10-20 g/dL. Ils recommandent également l’utilisation de Thymosine pour ses effets immunostimulants sur l’immunité cellulaire. Pour le risque d’hyperglycémie, ils recommandent un monitorage régulier de la glycémie et l’usage si nécessaire de médicaments antidiabétiques.

 

Conclusion:

L’administration précoce chez ces patients atteints de pneumonie sévère COVID-19 de corticoïdes à faible dose et à court terme a permis l’amélioration plus rapide de paramètres cliniques (fièvre, SpO2) et radiologiques, sans modification des paramètres biologiques, et sans effet indésirable rapporté.

Pourquoi le COVID-19 est-il si peu sévère chez les enfants ?

Lien : https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/apa.15271

Date de parution : 25 mars 2020

Journal : Nature Review Cardiology

Peer Reviewed : Oui 

Université/Institut : Petter Brodin, Karolinska University Hospital

Type : Editorial

D’après les données du Centre Coréen de Contrôle des Maladies et de Prévention, qui ont réalisé les plus larges dépistages systématiques, au 20 mars 2020, 6.3% des cas testés positifs étaient des enfants de <19 ans, et ils présentaient le plus souvent des formes bénignes voire asymptomatiques de la maladie. L’auteur discute plusieurs hypothèses pouvant expliquer ce phénomène:

 

  • l’immaturité relative du système immunitaire peut être responsable d’une réponse qualitativement différente au SARS-CoV2
  • la présence concomitante d’autres virus ORL entrant en compétition avec le SARS-CoV2 et limitant l’augmentation de la charge virale (qui est corrélée avec un mauvais pronostic).
  • une expression moindre chez l’enfant du récepteur à l’enzyme de conversion ACE2 nécessaire à l’entrée du virus dans les cellules cibles

 

Un point important est que les enfants ne sont à priori pas moins susceptibles de développer un syndrome de détresse respiratoire aigu (pendant la pandémie de grippe H1N1, la prévalence de SDRA chez les enfants était identique à celle chez les adultes). Des propriétés spécifiques du virus SARS-CoV2 seraient donc à l’origine de sa bénignité et les mieux les comprendre pourrait offrir des perspectives thérapeutiques intéressantes.