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Infection à COVID-19 chez les enfants

Infection à COVID-19 chez les Enfants

Dernière mise à jour de la fiche :  29/04/2020 à 17h00

  • Généralités

Les enfants entre 3 et 18 ans peuvent développer des formes asymptomatiques, sans fièvre ni toux. Toutefois, des symptômes (équivalents aux formes adultes) peuvent être présents, voire des formes graves (bien que plus rarement que chez l’adulte).

Le fait que les enfants soient asymptomatiques fait d’eux un réservoir potentiel du virus. Il est donc conseillé aux personnes présentants des facteurs de risques de limiter autant que possible  les contacts avec ces derniers – symptomatiques ou non.

La proportion de cas graves

L’étude Epidemiological characteristics of 2143 pediatric patients with 2019 coronavirus disease in China, a examiné les cas de 731 enfants avec des cas confirmés de coronavirus testés en laboratoire et 1412 enfants soupçonnés d’avoir le Covid-19 (1).

Cette étude rapporte 6% de cas graves ou critiques, contre 18,5% chez les adultes dans des études équivalentes. Elle trouve également que les nourrissons (< 30 mois) et plus particulièrement les nouveaux-nés (< 30 jours) sont plus vulnérables que leurs aînés, avec une proportion de cas graves ou critiques de 10,6% contre 3% chez les 11-18 ans.

Une autre étude rétrospective sur 36 patients âgés de 0 et 16 ans (8.3 ans en moyenne) avec une infection au Covid19 confirmée montre des résultats sensiblement équivalents : 28% étaient complètement asymptomatiques et 53% présentaient des symptômes de pneumopathie (2). Aucun des patients de cette cohorte n’a présenté d’atteinte sévère.

L’étude Clinical Characteristics of Pregnant Women with COVID-19 in Wuhan a étudié le cas de 118 femmes enceintes testées positives au COVID-19 par RT-PCR ou ayant des lésions pulmonaires évocatrices au scanner thoracique (3). Les principaux symptômes étaient de la toux (73%) et de la fièvre (75%). Parmi les 68 femmes ayant accouché pendant la période d’étude, 93% ont bénéficié d’une césarienne, et 21% des délivrances étaient prématurées  (dont déclenchées à cause de l’infection maternelle au COVID-19).

Physiopathologie

À l’heure actuelle (29/04), il ne semble pas y avoir d’explication physiopathologique claire des différences de réactions et d’aggravations des enfants par rapport aux adultes. Des études sont en cours pour expliquer ce différentiel (4).

Diagnostic

Lorsque les enfants ne sont pas asymptomatiques, les symptômes cliniques qu’ils présentent sont sont similaires à ceux retrouvés dans la forme adulte : myalgies, rhinorrhée, fièvre, irritation des VAS, maux de tête, etc. Les symptômes digestifs peuvent être prédominants, notamment chez le nouveau-né. La fièvre, lorsqu’elle est présente, est généralement inférieure à 39°C. 

Le bilan biologique montre rarement une lymphopénie ou une hausse des marqueurs de l’inflammation.

Les anomalies radiologiques peuvent être absentes dans 15% des cas (5).

[ATTENTION] Plusieurs cas d’infection par le COVID-19 associés à des symptômes de myocardite aiguë et de défaillance circulatoire évoquant une forme incomplète de la Maladie de Kawasaki on été reportés à ce jour (29/04). Dans l’attente de publications établissant ou non un lien avec l’infection au COVID-19, il convient d’être vigilant et de faire remonter aux unités de réanimation pédiatrique les cas présentant ces tableaux cliniques. 

Cas particuliers

  • Traitement immunosuppresseur

Dans un bulletin édité par le GPIP, Infovac-France et SOFREMIP , les auteurs rappellent qu’il n’y a à ce jour “pas de cas grave d’infection à coronavirus décrit chez l’enfant sous immunosuppresseur dans la littérature.” (6).

Les auteurs préconisent néanmoins : 

  • d’éviter les contacts avec les personnes souffrant d’infections respiratoires aiguës, de toux et/ou de fièvre, 
  • de respecter les gestes barrière, 
  • de mettre à jour les vaccins: le confinement ne doit pas empêcher le respect du calendrier vaccinal,
  • de ne pas arrêter les traitements immunosuppresseurs sans avis du médecin spécialiste référent, 
  • en cas de symptômes, de prendre rapidement contact avec un médecin,
  • de rappeler aux parents de bien connaître les détails de la maladie (diagnostic, modalités des traitements, médecin référent, etc.) afin de faciliter la prise en charge de l’enfant.
 
  • Les nouveaux-nés, dans le cas où la mère est asymptomatique ou pauci-symptomatique porteuse du Covid-19

La société française de néonatalogie rappelle qu’à ce jour, il n’y a pas eu de décès de nouveau-né infecté par le virus (7).

Les propositions dans ces cas sont :

  • pas de séparation mère enfant (balance bénéfice risque défavorable)
  • informer les parents sur la possibilité des formes néonatales graves
  • faire porter un masque chirurgical à la mère & respect des gestes barrières
  • ne jamais mettre de masque au nouveau-né, en informer les parents
  • respect des volontés d’allaitement
  • visites limitées du père en maternité ou service d’hospitalisation, avec port d’un masque chirurgical à minima
  • berceau à plus de deux mètres du lit la nuit.
 
  • Les nouveaux-nés, dans le cas où la mère est hospitalisée en réanimation du fait de sa propre infection au Covid-19

Les propositions de la société française de néonatalogie sont les suivantes (7) :

  • nouveau-né dans une chambre seule en néonatalogie pour surveillance et préparation du retour à domicile 
  • mesure isolement avec “précautions complémentaires gouttelettes et contacts”
  • préparation du retour à domicile avec isolement de 14 jours
  • visites limitées du père ou du représentant légal 
  • organisation d’un accompagnement à domicile en sollicitant une sage-femme libérale. L’enfant sera examiné le 1er mois avec précautions contacts (masque, hygiène des mains par les professionnels de santé).
 
  • L’allaitement 
Les propositions de la société italienne de néonatalogie (8) : 
  • d’après les connaissances scientifiques actuelles (29/04), le lait maternel n’est pas considéré comme étant vecteur de l’infection au SARS-CoV-2
  • les anticorps spécifiques contre le SARS-CoV-2 pourraient passer de la mère au nourrisson modulant ainsi l’expression clinique de l’infection infantile, mais cette hypothèse n’a pas encore été prouvée.
 

Dans tous les cas il est important de rappeler aux parents et à l’entourage du nouveau-né de respecter les gestes barrières !

Sources

(1) Dong Y, Mo X, Hu Y, et al. Epidemiological characteristics of 2143 pediatric patients with 2019 coronavirus disease in China. Pediatrics. 2020

https://doi.org/10.1542/peds.2020-0702

(2) Haiyan Q, Junhua W, Liang H, Yunling L, Qifa S, Dong C. Clinical and epidemiological features of 36 children with coronavirus disease 2019 (COVID-19) in Zhejiang, China: an observational cohort study. The Lancet Infectious Disease. 2020

https://doi.org/10.1016/S1473-3099(20)30198-5

(3) Chen, L., Li, Q., Zheng, D., Jiang, H., Wei, Y., Zou, L., Feng, L., Xiong, G., Sun, G., Wang. H., Zhao. Y., & Qiao, J. (2020). Clinical Characteristics of Pregnant Women with Covid-19 in Wuhan, China. New England Journal of Medicine.

https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMc2009226

(4) Singhal T. A Review of Coronavirus Disease-2019 (COVID-19). Indian J Pediatr. 2020

https://doi.org/10.1007/s12098-020-03263-6

(5) Liu M, Song Z, Xiao K. High-Resolution Computed Tomography Manifestations of 5 Pediatric Patients With 2019 Novel Coronavirus. J Comput Assist Tomogr. 2020

https://doi.org/10.1097/RCT.0000000000001023

(6) GPIP, Infovac-France, SOFREMIP. Mise au point sur le COVID-19 et les enfants traités par un traitement immunosuppresseur, 3 mars 2020. Lien

(7) Société Française de Néonatologie, Société Française de Pédiatrie. Propositions concernant les nouveaux-nés dans le contexte d’épidémie à Covid-19. Lien

(8) Société Italienne de Néonatologie, Union des Sociétés Européennes de Néonatologie et Périnatologie. Proposition concernant l’allaitement et l’infection au SARS-CoV-2. Lien