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L’utilisation précoce, à faible doses et à court terme de corticoïdes dans le traitement des pneumonies sévères COVID-19

Lien : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.03.06.20032342v

Date de parution : 12 mars 2020

Journal : MedRxiv

Peer Reviewed : Non

Université/Institut : Union Hospital, Tongji Medical College, Huazhong University of Science and Technology, Wuhan, China

Type : Article

Les auteurs ont réalisé une étude rétrospective de 46 patients hospitalisés pour pneumonie sévère COVID-19 du 20 Janvier au 25 Février 2019 à l’hôpital de Wuhan. Ils les ont séparés en 2 groupes: un contrôle (n=20) pris en charge classiquement avec oxygénothérapie, thérapie antivirale (IFN-alpha, Lopinavir-Ritonavir, Thymosine) et antibioprophylaxie; le second (n=26) recevant en plus un traitement par corticoïdes (méthylprednisolone 1-2 mg/kg en IV pendant 5-7 jours). Ils ont comparé les constantes vitales, les résultats de biologie et de radiologie sur la durée d’hospitalisation.

Caractéristiques générales: Pas de différence significative dans l’âge et le sexe des patients (moyenne=54 ans, 57% d’hommes) ou dans la part de patients avec comorbidités (32.1%). 3 patients sont décédés (homme 89 ans cancer de la prostate phase terminale, femme 51 ans post-amputation d’une gangrène diabétique du pied, homme 49 ans arrêt respiratoire), dont 2 appartenaient au groupe traité par méthylprednisolone.

 

Paramètres vitaux:

  • 27 présentaient de la fièvre à l’admission et parmi eux 15 ont été traités par corticoïdes. Les patients traités ont eu une diminution significativement plus rapide de la fièvre (2.06±0.28 si traité, contre 5.29±0.70, P=0.010).
  • Le groupe traité a présenté une amélioration significativement plus rapide de la SpO2, avec une diminution de la durée d’oxygénothérapie nécessaire (8.2 jours si traité, contre 13.5 jours, P<0.001).

 

Paramètres biologiques:

  • Pas de différence significative dans le comptage des leucocytes, ni des taux de CRP, procalcitonine, IL-2,4,6 et 10, malgré l’action connue immunosuppressive des corticoïdes sur les cellules et cytokines inflammatoires (“l’orage cytokinique” est considéré comme l’un des mécanismes physiopathologiques d’aggravation des dommages pulmonaires).

 

Paramètres radiologiques:

  • Diminution significative du degré d’absorption des RX dans les champs pulmonaires des patients traités (scanner thoracique à J0, J7 et J14).

 

Effets indésirables:

L’usage de corticoïdes n’est actuellement pas recommandé dans la prise en charge des patients atteints de pneumonie COVID-19 du fait des risques d’infection secondaire liée à l’immunosuppression, mais aussi des risques d’hyperglycémie, de saignements gastro-intestinaux et autres effets indésirables moins fréquents. Les auteurs n’ont pas décrit de complication grave chez les patients ayant reçu la corticothérapie. Ils ont limité le risque infectieux par l’antibioprophylaxie et l’administration d’Ig humaines si celles du patient étaient sous les 10-20 g/dL. Ils recommandent également l’utilisation de Thymosine pour ses effets immunostimulants sur l’immunité cellulaire. Pour le risque d’hyperglycémie, ils recommandent un monitorage régulier de la glycémie et l’usage si nécessaire de médicaments antidiabétiques.

 

Conclusion:

L’administration précoce chez ces patients atteints de pneumonie sévère COVID-19 de corticoïdes à faible dose et à court terme a permis l’amélioration plus rapide de paramètres cliniques (fièvre, SpO2) et radiologiques, sans modification des paramètres biologiques, et sans effet indésirable rapporté.

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